Michelle Lacombe

Anne-Marie St-Jean Aubre
  • Michelle Lacombe, The Venus Landscape, documentation, 2010.
  • Michelle Lacombe, The Venus Landscape, 2010.
  • Michelle Lacombe, Of all the watery bodies, I only know my own, portrait, 2013-2014.
  • Michelle Lacombe, Of All the Watery Bodies, I only know my own, documentation, 2013-2014.
  • Michelle Lacombe, Italics; Underlining for emphasis, documentation, 2012.
  • Michelle Lacombe, Italics; Underlining for emphasis, portrait, 2012.
  • Michelle Lacombe, Portrait of a Self Memorial and an Anonymous Aesthetic Beheading, documentation, 2012.
  • Michelle Lacombe, Portrait of a Self Memorial and an Anonymous Aesthetic Beheading, portraits, 2012.

Un corps à lire

Michelle Lacombe fait de son corps un palimpseste à décoder, mêlant signes construits et signes naturels, ce qui donne une image complexe des tensions qui le traversent. Chacun de ses projets existe en deux temps. D’abord, celui de la réalisation et de la présentation de l’œuvre, ciblant un enjeu transmis par les médias et l’histoire de l’art, qui dressent un portrait extérieur du féminin. Puis, celui du quotidien, associé à l’expérience vécue, où les signes corporels perdurent, s’accumulent, sont recontextualisés à la lumière les uns des autres. Lacombe incarne ces deux perspectives simultanément : son corps, champ de bataille, en témoigne.

Revisitant les modes de représentation historique du féminin à travers une déconstruction du tableau Sleeping Venus (1510) de Giorgione, l’artiste se substitue à la figure principale de la scène dans The Venus Landscape (2010). L’œuvre consiste en des lignes tatouées sur son corps, qui servent de guides pour prendre la pose d’une Vénus allongée, lascive, offerte aux désirs. Lacombe refuse cette prescription en fragmentant la posture par son action quotidienne, les traits dessinés ne se rejoignant jamais pour donner une image cohérente de leur référence. Elle ne fuit pas non plus les tropes associés au féminin, ne craint pas de tomber dans le stéréotype : en traitant de la maternité, du cycle menstruel, de l’affiliation du féminin avec la nature, son projet Of all the watery bodies, I only know my own (2013- 2016) est l’occasion de réfléchir à l’érosion du corps marqué par la perte mensuelle de son potentiel de reproduction. Son corps n’est plus situé dans le paysage ; il devient le paysage, un terrain qui s’use au fil du temps et de ses cycles.

La parole des femmes, souvent dévalorisée, est au centre de Italics; Underlining for emphasis (2010/2015), qui souligne la voix de l’artiste par une ligne invisible inscrite à même l’intérieur de sa lèvre inférieure, marquant symboliquement son agentivité. Tout son travail vise le même objectif : exposer et faire exploser les barrières qui enclavent son champ d’action tout en se confrontant aux complexités et nuances intrinsèques à la recherche.

Légendes des photos
Image 1 : Michelle Lacombe, The Venus Landscape, documentation, 2010. Photo : Lorna Bauer, tatoueuse : Emilie Roby, permission de l’artiste
Image 2 : Michelle Lacombe, The Venus Landscape, 2010. Photo : Lorna Bauer, tatoueuse : Emilie Roby, permission de l’artiste
Image 3 : Michelle Lacombe, Of all the watery bodies, I only know my own, portrait, 2013-2014. Photo : Sara A.Tremblay, tatoueur : Azl Golanski, permission de l’artiste
Image 4 : Michelle Lacombe, Of all the watery bodies, I only know my own, documentation, 2013-2014. Photo : Sara A.Tremblay, tatoueur : Azl Golanski, permission de l’artiste
Image 5 : Michelle Lacombe, Italics; Underlining for emphasis, documentation, 2012. Photo : Christian Bujold, tatoueuse : Dominique Bodkin, permission de l’artiste
Image 6 : Michelle Lacombe, Italics; Underlining for emphasis, portrait, 2012. Photo : Christian Bujold, tatoueuse : Dominique Bodkin, permission de l’artiste
Image 7 : Michelle Lacombe, Portrait of a Self Memorial and an Anonymous Aesthetic Beheading, documentation, 2012. Photo : Rémi Thériault, scarification : Azl Golanski, permission de l’artiste
Images 8 et 9 : Michelle Lacombe, Portrait of a Self Memorial and an Anonymous Aesthetic Beheading, portraits, 2012. Photos : Rémi Thériault, scarification : Azl Golanski, permission de l’artiste

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