Mains d’Œuvres, Saint-Ouen, Quart d’heure américain

92
2018
Mains d’Œuvres
  • Vue d’exposition, Mains d’Œuvres, Saint-Ouen, 2017. Photo : © Steeve Bauras, ADAGP, permission de Heiwata
  • Vue d’exposition, Mains d’Œuvres, Saint-Ouen, 2017. Photo : © Steeve Bauras, ADAGP, permission de Heiwata
  • Vue d’exposition, Mains d’Œuvres, Saint-Ouen, 2017. Photo : © Steeve Bauras, ADAGP, permission de Heiwata
  • Vue d’exposition, Mains d’Œuvres, Saint-Ouen, 2017. Photo : © Steeve Bauras, ADAGP, permission de Heiwata
  • Vue d’exposition, Mains d’Œuvres, Saint-Ouen, 2017. Photo : © Jérémy Benkemoun, permission de Heiwata
  • Vue d’exposition, Mains d’Œuvres, Saint-Ouen, 2017. Photo : © Steeve Bauras, ADAGP, permission de Heiwata
  • Vue d’exposition, Mains d’Œuvres, Saint-Ouen, 2017. Photo : © Steeve Bauras, ADAGP, permission de Heiwata

Quart d’heure américain
une proposition de Heiwata,
Mains d’Œuvres, Saint-Ouen, du 10 novembre au 26 novembre 2017

À part de rares commissaires superstars, qui a accès à de multiples scènes artistiques dans le monde et peut, de ce fait, rapprocher au sein d’expositions des artistes œuvrant dans des contextes différents ? Fondé par quatre commissaires qui collaborent à distance, Elsa Delage, Anaïs Lepage, Alma Saladin et Aurélie Vandewynckele, basées à Paris, Mexico et Toronto, le collectif Heiwata est une alternative enthousiasmante au défaut d’ubiquité qui fonctionne sur le mode du partage des connaissances. C’est dans cet esprit de collaboration et de rencontre qu’a été organisée Quart d’heure américain, une exposition de sept fois deux artistes, associés entre eux, soit sous forme de collaboration, soit par le rapprochement de leurs œuvres, suivant le principe des boums des années 1980 où les filles pouvaient inviter les garçons à danser. Ici ce sont les commissaires qui ont formé des duos, exception faite d’une œuvre solitaire, mais incarnant parfaitement le modèle de la collaboration à deux, la pièce de Robert Filliou de 1962 dont le titre explique bien le fonctionnement, Danse-poème collectif (à performer à deux, chacun (e) tournant une roue). Composée de deux roues fixées côte à côte sur un support blanc où sont inscrits des verbes et des compléments, l’œuvre permet de déterminer au hasard des actions à exécuter. Quand on s’y livre — c’était le cas durant l’exposition grâce à l’intervention de deux jeunes performeurs, Kim Bradford et Joseph Perez —, elle est un générateur de poésie qui elle-même produit des actions. Dans la filiation de cette œuvre, Charlie Jeffery, originaire d’Oxford vivant à Paris et Joshua Schwebel de Toronto ont été invités ensemble étant donné la proximité de leur travail, tous deux proposant des œuvres à protocole. Ce sont par exemple chez Jeffery des actions dont les instructions sont rédigées sous forme de calligrammes circulaires qui rappellent l’œuvre de Filliou. Puis, en écho à la poésie aléatoire, Martina-Sofie Wildberger, qui vit en Suisse, a créé une performance sur le thème du langage de l’intelligence artificielle et de sa dégénérescence. Faisant porter par treize performeurs des teeshirts arborant les lettres des derniers échanges incompréhensibles de Bob et Alice, robots programmés par le Facebook AI Research (et déconnectés récemment), elle tente d’approcher le mystère de cette production langagière algorithmique. Complice, son compatriote Martin Chramosta présente un ensemble de sculptures en plâtre, terre noire et minerai, évoquant Bob et Alice sous forme d’une allégorie en même temps qu’elles rappellent la matière première — le coltan, un minerai noir — des composants électroniques. Enfin, non loin de là, l’association des œuvres de Joël Andrianomearisoa qui travaille à Antananarivo et Paris et de Ivan Krassoievitch, Mexico, apporte une tonalité mélancolique, avec pour le premier de fragiles tableaux composés de feuilles de papier de soie teintées en noir qui se déploient et vibrent dans l’espace et, pour le second, des objets disposés sur des carrés de tissu noir, l’ensemble inspiré d’une certaine beauté émanant des marchés informels de sa ville. Dans ce cas comme pour tous les couples formés dans l’exposition, les œuvres invitent à penser un art vivant, ouvert à l’autre et propice à l’échange.

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