Larissa Fassler

Vanessa Morisset
  • Place de la Concorde VII, 2017. Photo : permission de la Galerie Jérôme Poggi, Paris
  • Colombus Circles, NYC I, 2017-2018; Taksim Square: March 31-June 9, III, détail, 2015. Photos : Galerie Jérôme Poggi
  • Schlossplatz I, 2013; Schlossplatz IV, détail, 2013. Photos : permission de la Galerie Jérôme Poggi, Paris
  • Gare du Nord III, 2015. Photo : permission de la Galerie Jérôme Poggi, Paris

Au premier abord, les dessins et peintures de Larissa Fassler, artiste canadienne installée à Berlin, ont un air d’étude scientifique et, de fait, ils sont le résultat d’analyses minutieuses des mouvements et microévènements qui se déroulent dans des lieux de passage de grandes villes. Mais lorsqu’on plonge son regard plus précisément dans leurs détails, une poésie s’en dégage, toute subjective. Sans doute parce que l’observation et les relevés effectués par l’artiste sont sans but ou que le mouvement et la vie ont été figés en représentations graphiques, on éprouve, en les contemplant, une mélancolie inhérente aux méditations sur la vanité. C’est particulièrement le cas dans les dessins préparatoires au stylo et crayon sur papier, où le mouvement est rendu presque perceptible par la fragilité du tracé. À cet égard, on pourrait les renommer génériquement en empruntant à Guy Debord le titre à la fois analytique et poétique de son film Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps, dans lequel la vie parait figée sur une photographie, puis se réanime peu à peu. De même, chez Fassler, on s’attend à chaque instant à une reprise du mouvement. Sa dernière série, réalisée en 2017-2018 à New York – et exposée à l’Armory Show –, centrée sur ce grand carrefour qu’est Columbus Circle, prolonge ses précédents travaux en leur procurant toutefois une dimension plus polémique que d’habitude. Car, dans ces œuvres récentes, au beau milieu des notations d’évènements et des gestes quotidiens de passants anonymes, la statue de Christophe Colomb jette littéralement une ombre menaçante. Par le dessin de cette silhouette sombre au crayon, démesurément allongée par rapport à la représentation de la statue, l’artiste pointe la présence, au cœur de la métropole américaine, de ce personnage historique contesté incarnant la colonisation violente de l’Amérique par les Européens. Ce faisant, elle réintroduit, dans le tourbillon, les automatismes, la nonchalance du quotidien, une méditation sur le poids de l’histoire tel qu’il se manifeste à même le paysage urbain.

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