Kama La Mackerel

Jade Boivin
  • Kama La Mackerel, "Race" is a Drag, 2012. Photo : Elisha Lim
  • Kama La Mackerel, Bois d'Ébène, 2016. Photo : Lily Hook
  • Kama La Mackerel, Bois d'Ébène, 2016. Photo : Lily Hook
  • Kama La Mackerel, Bois d'Ébène, 2016. Photo : Lily Hook
  • Kama La Mackerel, My Body is the Ocean, 2017. Photo : Võ Thiên Việt
  • Kama La Mackerel, My Body is the Ocean, 2017. Photo : Võ Thiên Việt

D’une voix plurielle, la résistance

Kama La Mackerel puise dans son vécu pour faire de ses œuvres un lieu d’affirmation de soi et de contestation du statuquo. Pour l’artiste, femme trans racisée, l’art est une question de survie, une façon de surmonter les violences du quotidien et d’en guérir, tout comme c’est un moyen de s’attaquer aux systèmes transmisogynes et racistes pour les désamorcer. S’il fallait dégager deux pôles centraux de ses œuvres, c’est probablement ceux de la résilience et de la résistance qui ressortiraient, car l’art de La Mackerel peut à la fois être doux et fort ; c’est un baume et c’est une arme.

Prenant comme point de départ une collection de poèmes dans lesquels s’entremêlent les voix de femmes, d’esprits et de déesses mauriciennes, l’exposition My Body is the Ocean (2017) articule la douleur de la colonisation avec l’amour et la réconciliation. La Mackerel a créé des aquarelles, des œuvres sur tissu et différentes performances desquelles émane un imaginaire de décolonisation qui vise à réparer les pertes engendrées par la traversée de l’océan – celle effectuée par ses ancêtres esclaves et travailleurs partant de l’Afrique de l’Est et de l’Asie du Sud vers l’Île Maurice ; et la sienne, de l’Île Maurice vers Tio’tia:ke (Montréal).

La voix de l’artiste est plurielle. Ses œuvres lui permettent de transcender sa seule parole et d’ouvrir une porte vers ses communautés, ses sœurs trans, ses ancêtres, en reliant passé et présent et en la réinscrivant dans son historicité.

La Mackerel conçoit la féminité comme un amalgame complexe dont les différentes strates (matérielles et sensibles) s’accumulent sur les corps. Elle part de ce constat dans From Thick Skin to Femme Armour (2015) pour confectionner ses « femmes armures », une série d’objets portables et de vêtements dont la fabrication devient un rituel artistique et quotidien. Des mots brodés sur un textile seront par exemple portés lors d’une performance qui sera photographiée à son tour. L’objet initial de l’armure se transpose en une autre forme, et d’autres armures se créent avec le temps suivant la nécessité de se (re)donner naissance en des termes personnels.

Légendes des photos
Image 1 : Kama La Mackerel, "Race" is a Drag, performance, Montréal, 2012. Photo : Elisha Lim, permission de l’artiste
Image 2 : Kama La Mackerel, Bois d'Ébène, performance, Montréal, 2016. Photo : Lily Hook, permission de l’artiste
Image 3 : Kama La Mackerel, Bois d'Ébène, performance, Montréal, 2016. Photo : Lily Hook, permission de l’artiste
Image 4 : Kama La Mackerel, Bois d'Ébène, performance, Montréal, 2016. Photo : Lily Hook, permission de l’artiste
Image 5 : Kama La Mackerel, My Body is the Ocean, performance, Montréal, 2017. Photo : Võ Thiên Việt, permission de l’artiste
Image 6 : Kama La Mackerel, My Body is the Ocean, performance, Montréal, 2017. Photo : Võ Thiên Việt, permission de l’artiste

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