Julie Ouellet

Anne-Marie Dubois
  • Se contraindre à se perdre no. 26-02-17, 2017. Photo : Guy L'Heureux, permission de l'artiste
  • Se contraindre à se perdre no. 15-03-17, 2017. Photo : Guy L'Heureux, permission de l'artiste
  • Chemins détournés # 13-02, 2013; Le grand nœud, 2012. Photos : Guy L'Heureux, permission de l'artiste
  • Se perdre, 2015. Photo : Guy L'Heureux, permission de l'artiste
  • Calquer une forêt, printemps 2016. Photo : permission de l'artiste
  • Calquer une forêt, hiver 2017. Photo : permission de l'artiste

Dans son travail graphique, Julie Ouellet interroge les atours et les moyens du dessin, usant du trait comme d’un gabarit à partir duquel se déploie une pratique inscrite dans le champ élargi de la picturalité. Depuis une dizaine d’années, l’artiste questionne les inflexions spatiales et sémantiques du dessin, se mettant au diapason d’une réflexion plus large sur le mouvement et l’errance. Il revient ainsi à la ligne, agent liant de l’œuvre, de guider à la fois la main de l’artiste et le corps regardant vers une déambulation haptique dans les territoires du visuel. Les tracés qui louvoient, s’enchevêtrent et s’amoncèlent sur la surface des tableaux créent des effets de profondeur où évoluent des masses grouillantes et informes.

Privilégiant un vocabulaire formel minimaliste et des protocoles de réalisation rigoureux, presque monastiques, Ouellet architecture étroitement le geste de manière à en éprouver les limites. Ainsi contraint, celui-ci acquiert paradoxalement une autonomie qui prend racine dans le procédé même de sa mise en forme, rythmé par la répétition ou l’accumulation du motif. La fonction matricielle traditionnellement associée au dessin entre ainsi en résonance avec le caractère esquissé du tracé, qui souvent s’estompe, se dévoie ou se hachure. Empruntant à l’esquisse sa dimension fondamentalement performative, l’artiste fait se chevaucher l’organique et le cartésien dans une pratique à la fois intuitive et méthodique capable de générer une rencontre du corps et de l’œuvre à partir de l’acte même de dessiner.

Depuis plus de deux ans, le projet Se contraindre à se perdre cherche plus précisément à troubler ce geste devenu parfois machinal, voire désincarné. Après plusieurs séjours exploratoires sur l’ile Carillon, près de Montréal, Ouellet fait du paysage environnant la trame de fond d’un nouveau corpus de dessins inspiré du caractère sauvage des lieux. À partir d’un calque de la forêt réalisé sur place, l’artiste produit un canevas servant de modèle à une série de croquis, chacun déclinant différentes modalités de réalisation. Réitération lente mais féconde synchronisant une nature indomptée au geste de dessiner, l’œuvre de Ouellet traduit la complexité rhizomique des interrelations que nous tissons et qui nous lient au monde.

S'abonner à l'infolettre

 Retrouvez nous sur Twitter !Retrouvez nous sur Facebook !Retrouvez nous sur Instagram !

Encan


Informations



Contact

esse arts + opinions

Adresse postale
C.P. 47549,
Comptoir Plateau Mont-Royal
Montréal (Québec) Canada
H2H 2S8

Adresse de nos bureaux
2025 rue Parthenais, bureau 321
Montréal (Québec)
Canada H2K 3T2

E. : revue@esse.ca
T. : 1 514-521-8597
F. : 1 514-521-8598