Publication | Champs d’intérêt : infiltrer, habiter, spéculer [I] et [II]

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2013

Champs d’intérêt : infiltrer, habiter, spéculer [I] et [II]

Collectif, Granby, 3e Impérial, 2008, 52 p.

Tirés à 400 exemplaires, ces deux ouvrages bilingues doivent être considérés en tant que traces des interventions qui ont eu cours durant la programmation 2005-2006 et 2006-2007 du 3e Impérial, à Granby. Proposant des résidences aux artistes, le centre, durant ces deux années de programmation, a invité neuf artistes à infiltrer le territoire qu’occupe le 3e Impérial. Au-delà d’une volonté de conserver en mémoire des projets réalisés dans ce contexte particulier, chaque publication offre une analyse ou des réflexions par des auteurs qui ont également bénéficié d’une résidence afin de saisir les enjeux qui animent ces pratiques du territoire. Deux pôles d’intervention se dégagent dans ce contexte de production spécifique, soit la rencontre et le partage avec la communauté et ses citoyens et un désir d’habiter l’espace, la géographie du lieu.

La pratique de l’infiltration permet à des gestes d’artistes de se poser dans le quotidien pour le magnifier. Dans le premier opuscule, on peut lire l’analyse faite par Martin Dufrasne et Denis Lessard à propos de l’art d’intervention et de la pratique de la résidence d’artistes dans le contexte particulier du 3e Impérial. Cet essai permet de comprendre les enjeux de telles pratiques sur le territoire mais aussi de saisir comment les artistes travaillent à partir d’un contexte précis car, tel que le précisent les auteurs, il est question du « défi de la médiation de l’art et de l’interface avec le public ». Il faut comprendre que les artistes qui travaillent dans l’espace public doivent aussi saisir tous les enjeux liés à la relation qui se crée avec la communauté sur un territoire donné.

Dans l’introduction du deuxième opuscule, l’artiste Caroline Boileau souligne que ce qui reste de l’objet des pratiques infiltrantes « s’efface et revit par la mémoire, et cette publication aura pour effet, entre autres, de la raviver ». Le texte de Lisanne Nadeau, présenté comme un journal de bord, demeure plutôt anecdotique dans son contenu, puisque l’auteur y va de descriptions ou d’impressions sur ce qui se passe au 3e Impérial. Il m’a semblé, à la lecture, que l’auteure effleurait le sujet plutôt que de se positionner par rapport au corpus précis d’œuvres.

Que les pratiques touchent à l’installation in situ ou à l’esthétique relationnelle, celles-ci questionnent différentes réalités qui sont ancrées dans un milieu spécifique, avec leurs propres problématiques, que ce soit sur le sujet de l’immigration, de la population vieillissante, etc. Ces publications sont de facture plutôt sobre et ce qui intéresse plutôt ici, c’est l’idée de trace, de mémoire. Le parti de bâtir une programmation sur des pratiques infiltrantes et parfois invisibles doit être évoqué et aussi le fait que celles-ci posent un regard autre sur le quotidien et font émerger différentes questions sur notre propre condition d’humain.

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