Galerie Nicolas Robert, Montréal, Poussière de crépuscule, ou devenir jour, Andréanne Godin

90
2017
Galerie Nicolas Robert
  • Andréanne Godin, Poussière de crépuscule, ou devenir jour, vue d’exposition, 2017.
  • Andréanne Godin, Poussière de crépuscule, ou devenir jour, vue d’exposition, 2017.
  • Andréanne Godin, Poussière de crépuscule, ou devenir jour, vue d’exposition, 2017.
  • Andréanne Godin, Poussière de crépuscule, ou devenir jour, vue d’exposition, 2017.
  • Andréanne Godin, À travers la canopée, de la série Une promenade avec Pierre, 2016.

Andréanne Godin, Poussière de crépuscule, ou devenir jour
Galerie Nicolas Robert, Montréal, du 25 février au 1er avril 2017

Poussière de crépuscule, ou devenir jour rassemble les souvenirs fragmentés des paysages, de la lumière ou de l’architecture qu’Andréanne Godin a observés pendant son séjour au Connecticut. L’artiste traduit en réalité, par le dessin et la sculpture, les déambulations effectuées lors de sa résidence à la Fondation Josef et Anni Albers. Des blocs de graphite minutieusement sculptés côtoient les dessins au graphite ou pigments purs comme les pendants d’une étude de l’espace.

S’inspirant d’une technique japonaise, Godin travaille le dessin en brossant sur le papier le pigment ou le graphite en poudre dont elle module la saturation par l’ajout de couches. L’artiste sculpte ainsi la matière picturale aux sens propre et figuré, en un univers fragile et éthéré. Les pièces monochromes, de même que les paysages et autres éléments architecturaux reflètent une perception de la lumière comme élément tangible. Liés aux parcours et à la mémoire de Godin, ces dessins deviennent des fenêtres sur un espace réel troué par l’oubli et rapiécé par l’imaginaire. La représentation, qu’elle soit dessinée ou sculptée, s’offre alors comme vérité unique résiduelle des promenades de l’artiste.

La relation à l’espace est au cœur de Poussière de crépuscule, ou devenir jour. L’environnement est vécu, remémoré, représenté et mis en scène comme une construction plus qu’une réalité. Godin manipule en ce sens les effets de cadrage et de mise en espace. Les compositions serrées ou les perspectives impossibles à contextualiser invalident une contemplation classique, aussi dérangée par l’accrochage. Les dessins sont disposés sur des tablettes ou littéralement organisés dans l’espace, telles des sculptures, révélant toute la plasticité du papier. Au contraire, les sculptures se font discrètes, disposées parfois à quelques centimètres du sol afin de forcer le visiteur à se pencher. En fait, la transcription de l’environnement par Godin repense les conventions plastiques et physiques de l’art et amorce, de là, une réevaluation de notre propre corps dans l’espace, voire une prise de conscience de notre position spectatorielle.

La technique de dessin de Godin présente des effets de texture évanescents, mais puissants, qui trouvent un écho flagrant dans ses pièces sculpturales. La matière est travaillée avec précision et laisse transparaitre une certaine corporalité indissociable de l’investissement physique de l’artiste dans chacune de ses œuvres. L’exercice méticuleux de représentation et de composition inscrit les pièces dans une durée qui double la durée inhérente aux excursions de l’artiste. Les temporalités de la balade, de la mémoire et de la réalisation s’enchevêtrent et s’accumulent dans une contemplation qui devient plus vigilante quant à sa propre durée.

Poussière de crépuscule, ou devenir jour explore le territoire, la technique et l’installation sans se prendre dans les traditions disciplinaires et leurs tics prescriptifs. Godin concède à son spectateur une grande liberté devant les objets. Alors que les images et les formes émergent de la poussière, que le cours du jour module la lumière, le témoin se construit en somme son propre jardin à parcourir.

Légendes des photos
Images 1 à 4 : Andréanne Godin, Poussière de crépuscule, ou devenir jour, vues d’exposition, Galerie Nicolas Robert, Montréal, 2017. Photos : Mitch Mitchell
Image 5 : Andréanne Godin, À travers la canopée, de la série Une promenade avec Pierre, 2016. Photo : permission de l’artiste

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