Gabrielle Lajoie-Bergeron

Christine Major
  • Gabrielle Lajoie-Bergeron, Sac en plastique et robe fleurie, de la série Love me, Love my doll, 2015.
  • Gabrielle Lajoie-Bergeron, La leçon de guitare coin Ste-Hélène / Caron, 2016.
  • Gabrielle Lajoie-Bergeron, Barbie-doll-display.jpg, 2015.
  • Gabrielle Lajoie-Bergeron, Crack House - Malartic, 2016.
  • Gabrielle Lajoie-Bergeron, La roulotte à Judith, 2016.
  • Gabrielle Lajoie-Bergeron, FUCK!, 2015.
  • Gabrielle Lajoie-Bergeron, Sur la route de Joutel – Histoires de passes-passes, 2016.
  • Gabrielle Lajoie-Bergeron, Blow Up, 2015.
  • Gabrielle Lajoie-Bergeron, Le break, 2015.

Les jeunes filles ne veulent pas d’histoire

Dans le flux continu d’images recyclées du monde, Gabrielle Lajoie-Bergeron attrape des détails avec sa brosse. Elle observe de près le relief d’une maison à l’abandon, les torsades de motifs floraux, le pelage d’animaux, des feuillages d’origine exotique ou locale. Les couleurs aux accents fauves, l’éclatement de la touche et la distorsion provoquée par l’émotion chantent un air connu interpelant directement le spectateur. Cette peinture cultive nos connaissances sensibles et suscite l’empathie pour la planète.

Dans ses tableaux, Lajoie-Bergeron est aux aguets lorsqu’elle suit avec attention le mouvement – le soulèvement – protestataire des femmes. Cette fois, le vent de conscientisation emporte son geste le long de lignes brisées ou d’une chevelure en pagaille. Elle trace vigoureusement les contours de son sujet : jeune fille en fleur, Femen aux seins nus, poupée gonflable, catin dans son emballage, cow-girl. Elle est plus rebelle que sage lorsqu’elle offre ces corps en pâture, et plutôt crue dans ses descriptions lorsqu’elle montre des vues de l’intime. La peinture de Gabrielle Lajoie-Bergeron pourrait aussi être qualifiée de théâtrale – cette bête noire du formalisme moderniste des années 1960 – lorsque la réalité et la fiction s’amalgament silencieusement pour tester les limites de notre tolérance. Elle répond aux pulsions dépressives et aux traumatismes de notre époque par d’autres images plus folles encore.

L’artiste aménage dans l’espace de ses expositions des parcours improbables où elle fait étalage de sa collection dernier cri. Sa désinvolture dans les arrangements nous permettrait-elle d’imaginer d’autres manières de circuler parmi les objets ? Dans ses toiles, des flaques luisantes à moitié mélangées séduisent le regard. Serions-nous capables d’échapper au modèle du consommateur conformiste fabriqué par la société marchande ?

La peinture a perdu son lustre d’origine, mais elle réclame à nouveau notre attention dans cette exploration de la Théorie de la jeune fille. Postmoderne et factice, elle cultive la déception venue de l’époque des dadaïstes pour dégager un espace critique. Entre la fascination et la désillusion, le processus identificatoire et les jeux de surface, l’art est-il encore capable d’une telle prouesse ?

Légendes des photos
Image 1 : Gabrielle Lajoie-Bergeron, Sac en plastique et robe fleurie, de la série Love me, Love my doll, 2015. Photo : permission de l'artiste
Image 2 : Gabrielle Lajoie-Bergeron, La leçon de guitare coin Ste-Hélène / Caron, 2016. Photo : Jean-Sébastien Veilleux, permission de l'artiste
Image 3 : Gabrielle Lajoie-Bergeron, Barbie-doll-display.jpg, 2015. Photo : permission de l'artiste
Image 4 : Gabrielle Lajoie-Bergeron, Crack House - Malartic, 2016. Photo : permission de l'artiste
Image 5 : Gabrielle Lajoie-Bergeron, La roulotte à Judith, 2016. Photo : Jean-Sébastien Veilleux, permission de l'artiste
Image 6 : Gabrielle Lajoie-Bergeron, FUCK!, 2015. Photo : permission de l'artiste
Image 7 : Gabrielle Lajoie-Bergeron, Sur la route de Joutel – Histoires de passes-passes, 2016. Photo : permission de l'artiste
Image 8 : Gabrielle Lajoie-Bergeron, Blow Up, 2015. Photo : permission de l'artiste
Image 9 : Gabrielle Lajoie-Bergeron, Le break, 2015. Photo : permission de l'artiste

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