Festival TransAmériques, Montréal, Lifeguard, Benoît Lachambre

91
2017
Montréal
  • Benoît Lachambre, Lifeguard, 2017. Photo : © Alicia Sudre, permission de Par B.L.eux
  • Benoît Lachambre, Lifeguard, 2017. Photo : © Alicia Sudre, permission de Par B.L.eux
  • Benoît Lachambre, Lifeguard, 2017. Photo : © Karolina Miernik, permission de Par B.L.eux
  • Benoît Lachambre, Lifeguard, 2017. Photo : © Karolina Miernik, permission de Par B.L.eux
  • Benoît Lachambre, Lifeguard, 2017. Photo : © Karolina Miernik, permission de Par B.L.eux

Benoît Lachambre, Lifeguard
Par B.L.eux, Wilder Espace-Danse, Salle Françoise-Sullivan, Festival TransAmériques, Montréal, du 29 mai au 1er juin 2017

Benoît Lachambre propose aux spectateurs une expérience forte et sensible. Lifeguard n’est pas un spectacle, mais un rituel contemporain où le performeur se met à l’écoute du monde. Dans un studio, le chorégraphe interagit avec les mouvements et les touchés des spectateurs, il nous guide dans une expérience afin de mieux prendre conscience de la relation entre le corps et l’environnement. Le danseur se transforme sous nos yeux en bête étrange avec des ailes, des cornes et des antennes. Il fait du temps et de l’espace des matières palpables.

On entre dans un espace épuré avec des tapis au sol. L’entrée des spectateurs par petits groupes, une vingtaine de personnes à la fois, permet de développer une intimité avec le performeur. Lachambre nous demande de nous déplacer et de le toucher. On touche le performeur, il vibre, bouge, danse en prenant appui sur l’endroit du contact. L’énergie d’un corps à l’autre est perceptible. Lorsque l’ensemble du public est arrivé, le jeu bat son plein. Le public est au cœur d’une expérimentation sur le langage corporel, il y est à la fois participant et observateur. L’expérience est ponctuée par l’écoute de musiques de Marvin Gaye à Brahms : les sons animent nos corps et aiguisent nos sens différemment.

À un certain moment, Lachambre revêt un maillot portant l’inscription Lifeguard. Il nous explique comment la création prend forme dans la vie, même pour lui. La performance oscille entre le récit personnel du travail en cours de création et des commentaires sur l’état du monde, mettant en parallèle une période de désespoir personnel avec les désastres écologiques et humains. De ces interventions, on retient que la relation au territoire et aux formes de vie fait ce que nous sommes : ignorer cette interdépendance ne cause que des catastrophes. Il nous raconte que c’est en nettoyant son studio avec une serpillière que se révèle la simplicité de sa tâche comme artiste. C’est alors que le danseur devient une étrange bête qui se promène avec sa serpillière, entrainant le public dans des rythmes et une folle énergie. Il danse avec son antenne (sa serpillière) communiquant par son corps avec le public qui se meut. L’interaction dévoile les individus, ce qui donne à voir la diversité de l’être humain. Le mouvement surgit des corps comme une langue première. Le performeur, maitre de la cérémonie, se dévoile aussi vulnérable et éveille chez nous l’empathie.

En transe, Lachambre amorce ensuite une série de sons gutturaux, il est habité par une intensité phénoménale et contagieuse. Le danseur se transforme et nous transforme. Si la notion d’énergie peut sembler ésotérique, Lifeguard nous éveille à sa réalité matérielle. L’expérience nous démontre que la vitalité des corps est bien réelle, que nous sommes forts et fragiles à la fois. On est vivifiés et émus par ce partage humain bienveillant. La générosité et la qualité de présence du chorégraphe nous font vivre un moment hors du commun. Au final, c’est à travers l’interaction entre le performeur et le spectateur que la chorégraphie s’élabore, ce qui ouvre sur une forme artistique toujours renouvelée.

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