éditorial

64 - Déchets - Automne - 2008
Sylvette Babin

La présence du déchet dans l’art actuel n’a certainement pas le même pouvoir de provocation qu’à ses premières apparitions au tout début des avant-gardes, tout comme la désacralisation de l’objet d’art par l’opposition entre « matériau pauvre » et « matériau noble » a peu de sens à une époque où les poubelles, les sites d’enfouissement et les écocentres sont devenus les nouveaux fournisseurs de matériel d’artistes. Pourtant, la collecte de matières abandonnées, la transformation des détritus, des rebuts ou des ordures – les dénominations foisonnent – et l’utilisation du déchet comme sujet photographique sont des pratiques récurrentes dans les nouvelles manifestations artistiques. Quelle portée donne-t-on à ce geste aujourd’hui ? La provocation aurait-elle fait place à la sensibilisation ?

À l’heure où l’accumulation des déchets devient un sujet de plus en plus préoccupant, et le recyclage une attitude indispensable, la question écologique nous apparaîtra comme une évidence dans l’association art et déchet. On pourrait, par ailleurs, y entrevoir une critique de la société de consommation. Les dernières décennies nous ont vu produire en quantité excessive et à un rythme infernal – qui plus est, à des coûts dérisoires sur le marché du cheap labor chinois – des objets qui sont plus facilement jetés que réparés. Conséquemment, l’approvisionnement en ressources matérielles s’avère particulièrement facile pour les artistes glaneurs. Triste privilège. Toutefois, notre intention n’est pas de faire état d’une situation dont nous sommes tous parfaitement conscients (1). Le citoyen du 21e siècle, dont l’artiste, est certainement l’être le plus conscientisé de toute l’histoire de l’humanité. Pourtant, il poursuit sa consommation massive comme s’il s’agissait d’un état de fait irrémédiable ou du prix à payer pour le confort de l’espèce. Bien entendu, on ne saurait attribuer tous les problèmes environnementaux à la seule production de déchets – quoique le mot ne réfère pas simplement aux ordures domestiques, mais aussi aux déchets industriels, aux émanations toxiques, etc. – ni en confier la cure au seul citoyen. Comme le mentionne un extrait de Libération cité par Éloïse Guénard en page 16 de ce dossier, « tout en culpabilisant les citoyens et en leur proposant une expiation facile de leurs péchés par des petits gestes individuels, on oublie de leur expliquer que nombre de politiques publiques que l’on choisit de mener sont anti-écologiques ». Bien qu’il ne faille pas, au risque de se déresponsabiliser, laisser croire que les actions individuelles n’ont aucun impact environnemental, pourra-t-on réellement espérer un changement significatif si aucune mesure draconienne n’est prise par nos dirigeants ?

Le paragraphe précédent laisse sous-entendre un dossier fortement engagé dans des questionnements écologiques. Ce n’est pourtant pas la voie principale empruntée par les auteurs. Non que ces préoccupations ne trouvent pas échos dans leurs essais, mais plutôt parce qu’ils répondent également à un désir d’observer d’abord le déchet pour ce qu’il est : un objet riche (ou lourd) de sens, possédant un important bagage culturel et historique, le potentiel de susciter la réflexion et le pouvoir d’être transformé en œuvre d’art. Nous pouvons notamment apprécier quelques-unes de ces œuvres dans la section « Portfolios », et constater dans les descriptions de celles-ci que les artistes, au-delà de leurs préoccupations esthétiques, ont aussi cette volonté de questionner les modes de vie menant à la surproduction de déchets. Par ailleurs, dans son livre Quand les déchets deviennent art, Lea Vergine écrit : « Les déchets sont un document direct, minutieux et incontestable concernant les habitudes et les comportements de ceux qui les ont produits, au-delà même de leur propre conviction ou de la perception qu’ils ont d’eux-mêmes (2). » Une phrase qui résume assez bien l’essence d’un dossier où les multiples formes de déchets, les lieux qui les reçoivent et les différentes œuvres qui en découlent pourront nous en apprendre un peu plus sur nous-mêmes.

NOTES
(1) Mais pour ceux qui ne le seraient pas, mentionnons au passage le très lucide ouvrage de l’astrophysicien Hubert Reeves, Mal de terre, qui trace un portrait sombre mais réaliste de l’état actuel de la planète, avec une description assez exhaustive des différentes formes de déchets ayant des effets néfastes sur l’environnement. Hubert Reeves (avec Frédéric Lenoir), Mal de Terre, Paris, Seuil, 2003.
(2) Lea Vergine, Quand les déchets deviennent art. Trash, rubbish, mungo, Milan, Skira, 2007.

63 - Actions réciproques - Printemps / été - 2008
Sylvette Babin

Le dossier « Actions réciproques » propose une réflexion où se chevauchent l’interactivité, qui renvoie surtout à la relation entre individu et machine – notamment dans des œuvres technologiques nécessitant la participation du spectateur – et l’interaction, qui appelle plutôt une relation entre individus, ici entre l’artiste et les membres du public. Dans les deux cas, nous pourrions solliciter le néologisme « spec-acteur » qui, malgré un usage parfois arbitraire, soulève justement cette question de participation active dans les pratiques artistiques contemporaines. Cet aspect participatif, qui ne date pas d’hier, mérite encore d’être questionné, non seulement dans ses modalités constitutives, mais aussi en ce qui concerne son efficience réelle quant à l’ouverture souhaitée sur l’autre.

D’entrée de jeu, la proposition lancée aux auteurs a pris la forme d’une série de questions qui en ont inspiré plusieurs. En voici quelques exemples. L’interface de la technologie est-elle devenue nécessaire pour aborder l’interactivité ? Comment départir le rôle de l’artiste de celui du participant ou de l’œuvre elle-même ? Comment doit-on repenser la sphère publique, voire celle de l’intersubjectivité, sous l’emprise de la technique ? L’image est-elle une entité active ou passive, réceptacle du regard ou vecteur d’assujettissement ? Peut-elle être saisie en tant qu’entité pragmatique, c’est-à-dire en tant que sujet d’une action réciproque ? Que signifie « participer » dans une société du spectacle ? La sphère des actions réciproques déborde-t-elle de la sphère de la représentation ? L’art contemporain a-t-il su renouveler l’action réciproque en tant qu’action politique effective ?

Volontairement ouvert sur différents points de vue, le dossier tente de répondre à l’une ou l’autre de ces interrogations. On y retrouve, par exemple, des réflexions sur des stratégies dites relationnelles, des questionnements sur le sens même du terme interactivité ou sur son utilisation parfois inadéquate, ainsi que des analyses de différentes pratiques dans les arts médiatiques et l’art web. On y aborde également des types de participation plus indirects ou symboliques, dont ceux utilisant le miroir et la réflexion comme forme « d’engagement » avec le spectateur. Que les pratiques étudiées dans ces pages soient interactives ou interactionnelles, une certaine constante semble se dessiner quant au désir de développer un art moins autarcique. Il s’agit bien là, d’ailleurs, de l’objectif principal des actions réciproques. Quant à savoir si les dispositifs dits interactifs laissent vraiment au public la possibilité d’interagir avec l’œuvre, voire de la modifier, ou si les œuvres interactionnelles ouvrent réellement, entre l’artiste et le spectateur, des zones d’échanges signifiantes, la question demeure ouverte.

62 - Peur II - Hiver - 2008
Sylvette Babin

L’autre peur
Sylvette Babin

Il faut que la peur soit grande pour susciter autant de réflexions chez les auteurs et les artistes. Aussi la publication d’un second dossier sur le sujet nous permet de parcourir un peu plus le vaste territoire des inquiétudes humaines. Conçus comme un diptyque, les deux numéros se répondent graphiquement (déjà par le jeu de traduction en page couverture) et se complètent par leur contenu traitant de la peur sous ses différentes manifestations sociales et affectives, le tout par le biais d’un large éventail de disciplines artistiques. Ainsi, en plus du cinéma et la vidéo (que l’on associe plus spontanément au thème), la peinture, l’installation, la performance et l’art web ont été abordés dans ces dossiers.

De toutes ces peurs qui nous accablent – outre celle, ultime, de la mort –, la peur de l’autre semble la plus fréquente. Du moins est-elle la plus préoccupante, si l’on en juge par la multiplicité des conflits qu’elle génère. C’est une peur insidieuse, souvent basée sur l’ignorance, qui s’infiltre là où l’individu se sent le plus vulnérable – dans son identité culturelle par exemple – et qui se justifie socialement dans la reconnaissance collective d’une « menace ». De plus en plus, la peur de l’autre est une peur acceptée et même entretenue comme une attitude normale face à l’altérité. Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant de constater que la peur de l’autre est évoquée dans la plupart des textes de ce numéro. On y traite notamment de l’étrangeté comme moyen artistique de susciter le malaise (Albano), de l’évolution de la peur dans différents climats politiques et économiques, ainsi que des attitudes adoptées par le citoyen ou par l’artiste, pour y répondre (Llevat Soy, Krpic), de la manipulation des informations pouvant créer des situations de panique et du rôle que jouent les médias dans la fabrication de la peur (Paris, Cramerotti). À ce sujet, la notion de « propagande créative » suggère que les campagnes de peur ne sont pas l’apanage des médias ou des structures de pouvoir, mais s’avèrent aussi des moyens de persuasion employés par des organismes engagés dans de « nobles » causes.

La peur n’est pas que politique, nous dit André-Louis Paré, elle est aussi une affection liée à notre être en commun. Ainsi, la peur de la mort, la peur du quotidien, la difficulté de vivre en société, la crainte de la différence ou du rejet de sa singularité sont quelques-uns des affects explorés par les artistes en ces pages. Par ailleurs, si la plupart des textes déplorent, en quelque sorte, les nombreuses attitudes de méfiance envers l’autre, Alberto Aceti exprime, quant à lui, non sans humour, sa crainte que les fondamentalismes religieux ne deviennent une entrave à la liberté d’expression. Une position qui pourrait certainement réactiver le débat sur la tolérance, mais qui nous rappelle aussi que l’ouverture à l’autre n’est pas qu’une belle théorie. L’exemple quasi cliché des accommodements raisonnables au Québec démontre bien que le nécessaire travail de reconnaissance et de respect des différences demande avant tout une capacité de se reconnaître soi-même pour se défaire enfin de la peur de perdre sa propre identité. À travers ces diverses réflexions, retenons finalement l’importance de la rencontre et de la présence pour contrer la culture de la peur. Car si l’être ensemble fait opposition à l’isolement et à la formation des opinions par le biais unique des médias par exemple, c’est aussi cet être ensemble qui permet l’apprentissage de l’autre.

61 - Peur - Automne - 2007
Sylvette Babin

Combattez la peur
Par Sylvette Babin

Jamais la peur n’aura été aussi fascinante à étudier que dans nos sociétés contemporaines. Phénomène naturel provoqué par l’instinct de survie, la peur, qui se manifestait initialement face à l’inconnu ou à un danger imminent, s’est considérablement transformée avec la civilisation. De toutes nouvelles peurs sont aussi apparues : angoisses existentielles et phobies modernes, peur de l’autre et de la différence, psychoses et paranoïas, autant d’inquiétudes ou de terreurs plus ou moins fondées mais néanmoins plus dévastatrices que le réflexe de protection ancestral. La peur est devenue aujourd’hui un outil de manipulation ou de propagande et un excellent moyen de contrôle des sociétés. En exploitant les peurs sociales que sont, par exemple, la xénophobie ou la peur du terrorisme, les instances de pouvoir ont entre les mains tous les prétextes nécessaires pour mettre en pratique des stratégies défensives, ou offensives, servant des intérêts souvent plus économiques que citoyens. Au nom de la sécurité publique, des sommes considérables sont investies dans l’armement et dans le déploiement des forces « préventives ». À ce sujet, au cours de la dernière année, les Forces armées canadiennes ont développé une importante et coûteuse campagne de recrutement. Dans des publicités télévisées et diffusées sur Internet, on peut lire : « Combattez la peur, combattez avec les Forces armées canadiennes. » Coup de maître publicitaire, le slogan est efficace et adaptable à toutes situations. Nul besoin de questionner la pertinence et les fondements d’un conflit armé, l’« ennemi » à combattre, la peur, est en chacun de nous. Qui pourrait en contester l’existence ? Qui pourrait mettre en doute la participation de l’armée dans tel ou tel conflit puisque c’est maintenant à la peur qu’elle s’attaque – peur que tous et chacun souhaitent vaincre, n’est-ce pas ?

Fort heureusement d’autres individus, moins férus d’armes et de combat, ont trouvé de superbes antidotes à la peur. Il y a l’art par exemple, et à travers lui la poésie et l’humour. On le constate notamment dans l’œuvre Fear de Nedko Solakov, présentée cette année à la Documenta de Kassel. Il s’agit d’une série de 99 dessins représentant diverses peurs ressenties ou observées par l’artiste, et dont les légendes qui les accompagnent sont à la fois drôles et empreintes d’un cynisme et d’une lucidité cinglante. On retrouve aussi cet humour mordant dans l’anagramme Run from fear, fun from rear, une inscription au néon de Bruce Nauman, exposée récemment au Musée d’art contemporain de Montréal. Si le sens de l’œuvre s’ouvre à de multiples lectures, suggérer le plaisir plutôt que la fuite semble pour ma part une intéressante solution pour apprivoiser la peur, et un soupçon d’irrévérence m’inciterait à proposer ce nouveau slogan aux Forces armées.

Le thème de la peur a soulevé beaucoup d’intérêt de la part des auteurs, c’est pourquoi nous avons décidé d’en faire le sujet de deux numéros consécutifs. Ce premier dossier propose notamment un regard sur le phénomène des théories du complot, sur la peur de l’autre – ou sur la peur de ne pas être reconnu par celui-ci – ainsi que des analyses d’œuvres, d’actions ou de lieux traitant de la peur et de la terreur. Par ailleurs, ce 61e numéro de esse inaugure notre passage au bilinguisme. Après 23 années de publications, notre présence de plus en plus importante sur la scène internationale nous incite à faire une place au lectorat anglophone, à qui nous souhaitons la bienvenue.

60 - Canular - Printemps / été - 2007
Sylvette Babin
L'art est un canular, promotion du film Rechercher Victor Pellerin, 2006. Photo : courtoisie de Atopia Distribution

Le canular est un canular

Remarqué pour l’humour ou le cynisme qui lui serait intrinsèque, le canular a souvent été associé à des critiques cinglantes d’une structure institutionnelle, politique ou d’un mouvement artistique. Est-ce toujours le cas ? Une recrudescence de la pratique invite à questionner les motivations qui la génèrent.

Sommairement, un canular serait une fausse nouvelle propagée sous les traits d’un fait véridique. Pourtant, quelques recherches amènent à constater que le sens donné au mot prend de multiples avenues et témoigne d’une certaine confusion entre lui et ses proches voisins que sont la mystification, le pastiche, le simulacre, la parodie ou la fiction. Certes, ces actions se ressemblent en ce qu’elles cherchent à mystifier le public en jouant sur l’authenticité du médium ou du message, et c’est justement ce qui a retenu notre attention dans ce dossier, qui aborde notamment les notions de vérité, d’authenticité et d’auctaurialité.

Le foisonnement des canulars sur les scènes médiatique et artistique nous incite à observer les intentions des imposteurs, leurs cibles et les moyens utilisés pour atteindre celles-ci. Ainsi, depuis les toutes premières manifestations canularesques, les vecteurs de propagation les plus efficaces ont certainement été les médias. Le cas du célèbre canular d’Orson Welles qui, en 1938, annonçait sur les ondes de CBS l’invasion de la planète par des extra-terrestres, est notoire(1). Si, aujourd’hui, les réseaux médiatiques sont encore prisés par les mystificateurs, l’Internet est devenu un outil de choix. De la vulgaire alerte aux virus, aux fausses lettres de solidarité, aux légendes urbaines de toutes sortes, ces nouveaux hoax, envoyés par centaines vers nos ordinateurs, tentent, souvent avec succès, d’éprouver notre crédulité(2).

Cette multiplication croissante des canulars devrait probablement témoigner du positionnement de leurs auteurs envers les cibles visées. Dans une analyse portant sur le hoax (typique au web), André Gattolin et Emmanuel Poncet affirment : « depuis quelques années les hoax se sont imposés comme une véritable arme de dérision massive, en même temps qu’un moyen inédit de réactiver la critique sociale et rouvrir le champ de l’utopie politique(3) ». Nous pouvons en effet répertorier quelques pratiques activistes usant du canular ou de l’imposture pour s’attaquer à des structures économiques ou politiques, ou pour dénoncer publiquement des actions menées par certaines multinationales. À mi-chemin entre l’art et l’activisme, les Yes Men(4), qui ont notamment créé de nombreux faux sites d’entreprises et usurpé l’identité de leurs représentants, sont un exemple éloquent d’un tel engagement. Néanmoins, ce ne sont pas tous les canulars qui ont cette dimension critique. À cet effet, Gattolin distingue le hoax du canular en associant à ce dernier « [u]ne dimension divertissante qui efface ses enjeux, un rituel convenu et sans risque dysphorique ou subversif tant ses effets paraissent négligeables(5). » Nombre de gags et de supercheries ne créent effectivement ni malaise ni subversion dans le milieu où ils sont propagés ; au plus parviennent-ils à mettre en scène leur auteur. À titre d’exemple, au Québec, nous apprenions tout récemment qu’un individu nommé Franco Fiori avait réussi, pendant près de 8 ans, à déjouer la vigilance de plusieurs recherchistes en se faisant inviter, sous de multiples identités, sur les ondes d’une vingtaine d’émissions télévisées populaires. Si la supercherie pouvait vaguement ressembler à celle des Yes Men, le résultat ne servait que les intérêts personnels d’un individu souhaitant se faire voir à la télé(6). Plusieurs canulars artistiques s’avèrent aussi des espiègleries sans conséquence. Qui plus est, leurs auteurs revendiquent parfois l’absence de critique envers qui ou quoi que ce soit. Qu’il s’agisse là d’une démission envers les grandes questions sociales et politiques, d’une simple peur de prendre position ou d’une attitude politiquement correcte, l’heure semble plus à la bonne blague qu’à l’engagement.

Le milieu de l’édition n’est évidemment pas exclu de la mire des imposteurs. Si l’usage du pseudonyme n’est pas en soi une forme de canular, il a néanmoins servi au succès de nombreuses impostures littéraires (pensons notamment au double prix Goncourt de Romain Gary alias Émile Ajar). Aussi, comme plusieurs autres revues, esse a fait l’objet de quelques tentatives d’auteurs voulant, sous diverses identités, rendre compte d’œuvres réelles ou imaginaires, ou simplement tester sa vigilance éditoriale. Nous en avons dépisté quelques-uns, mais peut-être avons-nous aussi été victimes ou même complices de quelques autres... Le temps nous le dira puisque le succès d’un canular tient à son dévoilement  !

Une lecture de ce dossier permettra de constater la grande diversité des pratiques utilisant ou côtoyant le canular. Tantôt cinglantes, parfois amusantes, les petites et grandes impostures présentées ici tracent le portrait d’une autre attitude irrévérencieuse souvent chère au monde de l’art et qui, parfois, arrive encore à choquer. Si l’intention de ce dossier était de suggérer que tel ou tel canular est certainement de l’art, comment faut-il entendre la phrase en couverture : L’art est un canular ? Cette affirmation n’est pas anodine, car pour de nombreux publics réfractaires, l’art contemporain est encore considéré comme une supercherie. La maxime prend un tout autre sens si l’on accorde à l’art une position critique face aux discours osant se poser comme Vérité. Enfin, la capacité d’autodérision de l’art actuel et de ses artistes compense peut-être l’absence d’esprit critique de certains usages du faux.

NOTES
1. Il s’agissait d’une adaptation pour la radio du roman La guerre des mondes de H.G. Wells, dans le cadre de l’émission Mercury Theater on the air. Une transcription partielle en français est disponible sur le site de Macadam Tribu au www.radio-canada/refuge/guerredesmondes2.asp.
2. À titre d’exemple, un hoax mentionnant que l’ingestion de Coke diet et de bonbons Mentos aurait tué un enfant... Certains croient, à tort, que ces hoax réussissent à nuire aux multinationales ciblées, alors qu’ils parviennent plutôt à leur faire de la publicité gratuite. Sur hoaxbuster.com, on mentionne : « Les dirigeants de la marque Mentos estiment [...] avoir économisé 10 millions de dollars grâce à cette campagne de pub exceptionnelle ».
3. André Gattolin et Emmanuel Poncet, Canular et utopie politique, Multitudes, no 25, été 2006.
4. Lire à cet effet l’article de Stephen Wright publié dans le numéro 56 de esse, dossier Irrévérence, hiver 2006.
5. André Gattolin, Prélude à une théorie du hoax et de son usage politique, Multitudes, no 25, été 2006.
6. Si le jeune homme a affirmé vouloir passer un message écologique dans l’une de ses apparitions télévisées, il n’a fait qu’y répéter, dans un discours infantile, une suite de lieux communs.

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