Les formes hybrides de la danse

Sylvette Babin

Les formes hybrides de la danse

Ce n’est pas d’hier que la danse et les arts visuels se côtoient sur des terrains communs ou composent, par différents métissages, des œuvres transdisciplinaires faisant appel à leurs champs de compétences respectifs. Aujourd’hui encore, le foisonnement des collaborations interdisciplinaires fait état d’un intérêt renouvelé pour les pratiques hybrides. Dans ces œuvres, du moins celles qui nous intéressent ici, il ne s’agit pas simplement de traverser, voire d’investir l’espace d’accueil propre à chacun en présentant des chorégraphies dans des musées ou en utilisant des œuvres d’art comme éléments de décor d’une œuvre scénique. Il est plutôt question, pour les artistes, danseurs et chorégraphes, de réfléchir aux différentes formes de collaboration qui leur permettent de mener leurs pratiques vers d’autres horizons. C’est dans cette optique que nous avons voulu aborder le présent dossier, en observant la danse contemporaine et ses rencontres avec les arts, avec la performance, de même qu’avec le théâtre, le cirque et le cabaret.

L’apport des nouvelles technologies dans le champ de la danse – quelques articles en font état – contribue certainement au mélange des genres alors que le corps, réel ou suggéré, est convoqué tant pour sa présence sur scène que pour la construction d’images. Mais si les arts numériques ont contribué au brouillage des frontières entre les disciplines, l’intérêt pour les formes « artisanales », à « technologie rudimentaire » n’est pas disparu pour autant, ce qui suscite des œuvres chorégraphiques où le rapport à la matérialité et à l’objet est un élément essentiel. Ainsi, dans les œuvres ayant retenu l’attention des auteurs, quelques constantes apparaissent, telles la volonté de briser les codes de la représentation et du spectacle, la collaboration entre les praticiens et la rencontre avec le public, l’interaction personne-machine, la relation du corps à l’objet. Les artistes dont ils parlent dans ces pages créent des espaces ou des situations où le corps n’est plus le seul acteur en scène, mais où se développent également des images et des formes artistiques matérielles ou immatérielles – vidéos, performances, installations, dessins... –, superposant les « graphies » pour offrir des œuvres résolument pluridisciplinaires.

Ce dossier sur la danse vient confirmer l’intérêt de longue date de esse pour les pratiques qui sortent du champ restreint des arts visuels, et ce, tant dans nos dossiers que dans nos sections complémentaires. Les éditoriaux ont généralement pris le parti de présenter surtout la thématique d’un numéro ; rappelons néanmoins qu’une partie de la revue est toujours consacrée à des essais et à des couvertures d’expositions et d’événements, autant de manifestations de l’intérêt pluridisciplinaire de esse. À cet égard, soulignons la présence maintenant récurrente de la section Comptes rendus, où plusieurs brèves se rapportent aux arts de la scène. Par ailleurs, quelques articles de cette section relatent la participation de multiples galeries et artistes québécois à des événements new-yorkais cette année. Un dernier texte rend compte de la seconde édition de la résidence esse/OBORO, qui permet à un auteur de réfléchir sur l’art sonore.

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