Duke & Battersby

Mylène Ferrand
  • Duke & Battersby, Here is everything, capture vidéo, 2013. Photo : permission des artistes
  • Duke & Battersby, Here is everything, capture vidéo, 2013. Photo : permission des artistes
  • Duke & Battersby, Here is everything, capture vidéo, 2013. Photo : permission des artistes
  • Duke & Battersby, Here is everything, capture vidéo, 2013. Photo : permission des artistes
  • Duke & Battersby, Lesser Apes, capture vidéo, 2013. Photo : permission des artistes
  • Duke & Battersby, Lesser Apes, capture vidéo, 2013. Photo : permission des artistes
  • Duke & Battersby, Lesser Apes, capture vidéo, 2013. Photo : permission des artistes

La devise « Art is for Empathy » est inscrite sur le site web de Duke & Battersby, duo d’artistes canadiens qui s’intéresse, sous un ancrage philosophique, aux relations entre les animaux humains et non humains. L’émotion est au cœur de leurs installations vidéos et courts films expérimentaux qui – mélangeant animation, images tournées et enregistrements trouvés – présentent des personnages animaliers portant une pensée à la fois satirique et poétique.

Dans Here is Everything (2013), une leçon morale est donnée par un chat et un lapin venus du futur. Ceux-ci font appel à la vidéo, soit une forme de communication qu’ils considèrent comme fondamentale pour les Homo sapiens. Entre autres discours philosophicomystiques, les deux protagonistes évoquent la mort en ces termes : « Le problème, c’est le traumatisme et non la mort en soi. […] C’est une erreur de penser que la mort est une ennemie. […] Combattons la souffrance. » En mettant ainsi de l’avant la question de la souffrance, commune à tous les êtres doués de sensibilité, l’œuvre s’éloigne d’une position anthropocentrique afin d’aborder une perspective éthique pour l’ensemble du vivant.

Poussée à son paroxysme, la question de l’empathie et de l’attachement interspécifique se mute en amour dans Lesser Apes (2011). La vidéo narre l’histoire d’amour entre Farrah, primatologue, et Meema, bonobo femelle qu’elle étudie. Le lien d’affection réciproque n’est plus uniquement platonique, mais possède une dimension charnelle. Non sans humour, l’œuvre peut parfois évoquer le film Max mon amour (1986), de Nagisa Oshima, qui raconte l’idylle entre une jeune femme, Margaret, et Max, chimpanzé rescapé d’un zoo. Lesser Apes repousse toutefois davantage les limites de l’union anthropo/hétéronormative, les protagonistes étant d’espèces différentes, mais de même sexe.

Le travail de Duke & Battersby conteste l’idée profondément suprématiste qu’il n’existerait qu’une manière d’être au monde. Leurs œuvres mettent ainsi en lumière le fait que les modes d’apparition et les réalités physiques des êtres vivants sont incomparables, composites et pourtant symbiogénétiques. Le concept d’empathie, tel que le duo l’envisage, sert à penser l’égalité et la différence, le particulier et le commun, et ce, dans les structures de domination ou les rapports de pouvoir. Si des modes d’existence sont encore inimaginables à ce jour, le travail de contagion empathique étrangère développé par les artistes fait naitre la monstruosité de l’art et son potentiel de découvertes.

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