Cynthia Girard-Renard

Anne-Marie St-Jean Aubre
  • Cynthia Girard-Renard, Nails Salon, 2016. Photo : Guy L’Heureux
  • Cynthia Girard-Renard, The Invisible Hand, 2016. Photo : Guy L’Heureux
  • Cynthia Girard-Renard, Wow! How Much???, 2017. Photo : Paul Litherland
  • Cynthia Girard-Renard, No Science, No Evidence, No Truth, No Democracy, 2015. Photo : Guy L’Heureux
  • Cynthia Girard-Renard, À mes amies les licornes, vue d’installation, Parisian Laundry, Montréal, 2013. Photo : Guy L’Heureux
  • Cynthia Girard-Renard, Sous les pavées, la plage, 2015. Photo : Guy L’Heureux
  • Cynthia Girard-Renard, Nègres blancs d’Amérique, 2012. Photo : Guy L’Heureux
  • Cynthia Girard-Renard, Résistons ensemble, et unis !, 2017. Photo : Guy L’Heureux
  • Cynthia Girard-Renard, Nos Maîtres les fous, Musée d’art de Joliette, Joliette, 2017. Photo : Ysabelle Forest Folder

Une communauté polyphonique

La question des rapports de pouvoir est centrale aux œuvres de Cynthia Girard-Renard, qui y intègre les figures de Marx, Arendt, Sade, Fanon, Vallières ou Haraway. Les appels à la révolte y sont également nombreux, tant par la référence aux sans-culottes et à la Révolution française que par la reprise de slogans protestataires ou la dénonciation du racisme et des injustices associées à un capitalisme mystificateur. Derrière les figures principales de ses toiles, les acteurs secondaires ont une voix : ils appellent à « résister ensemble et unis », ils s’interrogent, notamment sur la signification de « colorisme », terme à double sens, qui réfère autant au rôle joué par la couleur chez Girard-Renard qu’au nuancier des races, où l’intensité de la couleur de peau sert de facteur d’identification et de discrimination. Ces jeux de mots sont légion dans ses tableaux, qui séduisent par leur côté pop pour mieux dérouter le spectateur qui, au détour d’une phrase, voit apparaitre l’envers du décor sucré qu’il croyait avoir sous les yeux.

L’enjeu auquel doit répondre toute discussion contemporaine sur la démocratie est celui de la différence et, corollairement, la difficulté à penser le commun qui nous permettrait de croire dans l’existence du peuple. C’est par lui que l’idée voulant que toute action politique soit motivée par un calcul rationnel, basé sur l’intérêt individuel, peut être contrecarrée. Le travail de Girard-Renard, en abordant les mouvements sociaux qui ont contribué à révéler l’unité fictive du peuple, rend visible la polyphonie dissimulée par cette notion et la part de passions qui guident les actions. Représentant le peuple sous les dehors d’une communauté animale, l’artiste accentue l’utopie de cette fiction en passant par la célébration d’un autre imaginaire, également fictif, celui d’un ordre naturel et harmonieux. Figures aux genres et à la sexualité fluides, écologistes, migrants et colonisés s’ébattent ainsi dans une œuvre qui, en prenant l’allure d’un joyeux foutoir, refuse d’adopter une posture pessimiste. L’artiste choisit d’ailleurs le partage à la compétition en incluant ses collègues à certaines de ses expositions solos, qui, autrement, favoriseraient uniquement sa propre visibilité, et fait ainsi vivre, à son échelle, l’idéal de communauté.

S'abonner à l'infolettre

 Retrouvez nous sur Twitter !Retrouvez nous sur Facebook !Retrouvez nous sur Instagram !

Encan


Informations



Contact

esse arts + opinions

Adresse postale
C.P. 47549,
Comptoir Plateau Mont-Royal
Montréal (Québec) Canada
H2H 2S8

Adresse de nos bureaux
2025 rue Parthenais, bureau 321
Montréal (Québec)
Canada H2K 3T2

E. : revue@esse.ca
T. : 1 514-521-8597
F. : 1 514-521-8598