Montréal - hôtel Le Germain, 2050 Mansfield - Rendez-vous à l'hôtel

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2014
Montréal - hôtel Le Germain
  • La 2e Porte à Gauche, 2050 Mansfield – Rendez-vous à l’hôtel, 2014. Photo : Claudia Chan Tak
  • La 2e Porte à Gauche, 2050 Mansfield – Rendez-vous à l’hôtel, 2014. Photo : Claudia Chan Tak
  • La 2e Porte à Gauche, 2050 Mansfield – Rendez-vous à l’hôtel, 2014. Photo : Claudia Chan Tak

2050 Mansfield – Rendez-vous à l’hôtel
La 2e Porte à Gauche, hôtel Le Germain, Agora de la danse, Montréal, du 25 janvier au 9 février 2014

Après moult expérimentations chorégraphiques en appartements, dans la ville et dans des bars, la 2e Porte à Gauche poursuit son interrogation du rapport au spectateur en investissant un hôtel montréalais. Dans 2050 Mansfield – Rendez-vous à l’hôtel, dont la direction artistique est signée par Katya Montaignac, le public déambule à travers des chambres d’hôtel accueillant les créations in situ de quatre duos de créateurs, chacun composé d’un(e) metteur(e) en scène et d’un(e) chorégraphe n’ayant jamais collaboré auparavant. L’œuvre-parcours propose une expérience intimiste à plus d’un titre : non seulement le public s’immisce dans le domaine privé de chambres d’hôtel, imprégnées d’une connotation particulière, mais il lui est également donné de partager un espace de proximité avec des interprètes en dehors des balises des espaces scéniques traditionnels. L’expérience du mouvement et du jeu théâtral devient alors plus tangible.

Œuvre nécessairement protéiforme et remarquablement bien ficelée, 2050 Mansfield – Rendez-vous à l’hôtel convoque quatre univers très différents, où il est jouissif de déceler la griffe de chacun des créateurs. En particulier, elle propose un éventail de rapports au public. Dans le cauchemar trépidant à la David Lynch de Catherine Vidal et Frédérick Gravel – la seule proposition qui ne donne pas à voir l’interaction amoureuse d’un homme et d’une femme –, Emmanuel Schwartz et Peter James s’adressent aux spectateurs, les dévisagent, s’agrippent à eux à l’occasion. Chez Marie Béland et Olivier Choinière, le public est mobilisé par Mathieu Gosselin et Maryline St-Sauveur, qui prennent à partie les spectateurs à travers un dialogue succulent composé de réparties de films d’amour célèbres. Chez Virginie Brunelle et Olivier Kemeid, les spectateurs sont des voyeurs qui observent un homme d’un certain âge (Marc Béland), à la solitude et à la tristesse plus indécentes que le sexe nu, se remémorer son amour perdu (Isabelle Arcand). De la même manière, le Roméo et Juliette moderne et charnel de Catherine Gaudet et Jérémie Niel remarquablement interprété par Clara Furey et Francis Ducharme fait appel à la contemplation. Les deux dernières propositions jouent moins le jeu de la participation que les précédentes en ignorant les spectateurs et en leur assignant d’emblée une place fixe. Or, on aurait voulu voir les spectateurs assis sur le lit de Roméo et de Juliette, multiplier les points de vue dans la chambre Brunelle-Kemeid, voire se déplacer librement de chambre en chambre, par exemple arriver au beau milieu ou à l’épilogue d’une proposition.

Engagés ou ignorés, certains spectateurs du 2050 Mansfield ont tout de même reconstitué un espace scénique traditionnel. Tant le public que les créateurs sont parfois récalcitrants à bouleverser l’état des choses. Toujours est-il que le dernier opus de la 2e Porte à Gauche fait partie de ces expériences marquantes qui réinventent progressivement le rapport du public avec les arts de la scène.

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