Paris - Galerie Jérôme Poggi, Wesley Meuris

80
2014
Paris
  • Wesley Meuris, vue de l'exposition Sightseeing, Galerie Jérôme Poggi, Paris, 2013. photo : permission de la Galerie Jérôme Poggi

Wesley Meuris, Sightseeing
Galerie Jérôme Poggi, Paris, du 21 septembre au 26 octobre 2013

Depuis une dizaine d’années, l’artiste belge Wesley Meuris s’intéresse aux structures invariables de la muséographie ou de l’archivage. Sculpteur, il s’attelle à produire une grammaire visuelle en s’inspirant des dispositifs qui servent à classer, à présenter, à inventorier ou à indexer les connaissances. En 2009, il crée la fondation FEAK (Foundation for Exhibiting Art and Knowledge [www.feak-projects.com]), une ressource mondiale inépuisable sur la question de l’exposition qui se spécialise dans le développement de concepts d’expositions réussies et l’acquisition de connaissances connexes. La fondation est une formidable boîte à outils pour tout commissaire ou conservateur en mal d’inspiration, aussi faite pour informer, éduquer et même guider le visiteur idéal. Elle propose à ses membres divers objets utiles : du mobilier muséal, des expositions clés en main, en offrant aussi la possibilité de louer des œuvres, des artistes ou des commissaires. FEAK propose en plus des plans d’architectes. Par exemple, l’exposition Sightseeing présente A Building For Innovative Galleries (2013), un plan de construction pour six galeries innovantes disposant de salons relaxants, offrant aux collectionneurs un cadre adéquat pour discuter du prix des œuvres d’art. The Great White Journey, a Dazzling Art Exhibition est une affiche destinée à la promotion de la première biennale d’art en Antarctique, un événement inédit qui promet aux intéressés de pouvoir visiter des installations artistiques en plein air, à -30 ° Celsius. La fondation propose aussi du mobilier scénographique comme ses étagères avec socles (Shelf With Pedestals, 2013), ou son « angle », destiné à meubler le coin d’une salle d’exposition avec une plante verte (Corner, 2013), meubles hybrides ayant perdu toute fonctionnalité.

Ces éléments parfaitement réalisés, promesses de succès pour des institutions ou des centres d’art en quête de stratégies de marketing, cachent la dimension humoristique, voire ironique, du travail de Meuris. Ces installations que l’on pourrait simplement qualifier de scénographiques ne montrent rien de plus que ce qu’elles sont censées montrer ; elles constituent par cette absence constitutive une forme d’archéologie du savoir. L’enquête épistémologique menée par l’artiste, le décryptage des modes de production des connaissances ne seraient pas aussi intéressants s’ils n’étaient pas accompagnés de récits. Meuris charge en effet ces « coquilles vides » d’histoires et de fictions. Alors que la critique institutionnelle des années 1970 était trop littéralement établie comme un commentaire rationnel sur l’institution, Meuris utilise la fiction pour critiquer la froideur des systèmes, les stéréotypes formels ou discursifs des mondes de l’exposition. Le renouvellement de la critique institutionnelle trouve certainement un terrain fécond dans la modélisation et la narration.

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