Montréal – Musée d’art contemporain

64
macm

Musée d’art contemporain de Montréal, du 8 février au 20 avril 2008

Au printemps dernier, le Musée d’art contemporain de Montréal présentait le tout premier bilan du travail du Vancouvérois Geoffrey Farmer. Présentées pour la première fois au Québec dans le cadre de la Biennale de Montréal de 2007, mais largement diffusées à l’étranger, les œuvres de Farmer ont été ici rassemblées sous le signe d’une heureuse accumulation de projets divers, pour la plupart réadaptés pour le musée. Malléable, sinon changeant, et surtout, en constant développement, le travail de Farmer se plie à chaque fois un peu plus, dans de formes nouvelles, aux coins, aux cimaises et aux contextes des lieux qui l’accueillent. Le musée a su jouer le jeu avec grande souplesse, et une ouverture remarquée se laissait appréhender, semble-t-il, comme un vaste terrain d’expérimentation. The Idea and the Absence of the Idea (Not the Work the Worker), par exemple, l’excavation d’un carré dans le plancher du musée dont le bois a été réduit en pulpe puis en papier, et sur lequel on trouvait la citation manuscrite de Matta-Clark : « Not the Work, the Worker », en faisait preuve, laissant au sol une trace bien visible de l’intervention de l’artiste sur l’institution.

Que l’on sente dans ce travail les fortes filiations conceptuelles sur lesquelles il repose ou encore l’intérêt marqué pour un certain potentiel poétique d’objets assemblés ou simplement rassemblés, il a cette capacité extraordinaire de laisser le regard perplexe, en suspens. Les œuvres sont fortes, complexes et à la fois très simples. Dessins, photographies, installations, documents de performances, vidéo et quelques œuvres s’attaquant à l’architecture font de cette exposition un habile et riche constat de l’amplitude et de la diversité plastique et théorique qui façonne le travail de Farmer. Cette pluralité même débordante d’approches, présentée ici sans carambolage ni même sans l’impression de chaos qui peut facilement s’abattre sur ce genre de pratique, ne fait qu’affirmer l’intérêt de la nature protéiforme de ces différentes œuvres et interventions. C’est à Pierre Landry que l’on doit l’habile mise en espace de ces quelque 20 projets extirpés à 15 années de production, certains inédits, d’autres très importants, au sein du parcours de l’artiste. On y retrouvait entre autres la réinterprétation de sa monumentale The Last Two Million Years, où toutes les illustrations d’une encyclopédie bon marché ont été soigneusement découpées puis groupées sans chronologie aucune, sur de petits socles s’affirmant comme une mise en espace de la structure hiérarchique de l’Histoire, de ses hauts et de ses moments plats. Nothing Can Separate Us (When the Wheel Turns, Why Does a Pot Emerge ?), qu’il présentait à la Tate Modern de Londres 2007 et Entrepreneur Alone Returning Back to Sculptural Form étaient quand à eux présentés dans une forme révisée et judicieusement développée. Ce bilan in situ, improbable et aux mouvances possibles et plausibles, s’est avéré risqué, mais très réussi.

Numéro: 
Artistes: 

S'abonner à l'infolettre

 Retrouvez nous sur Twitter !Retrouvez nous sur Facebook !Retrouvez nous sur Instagram !

Encan


Informations



Contact

esse arts + opinions

Adresse postale
C.P. 47549,
Comptoir Plateau Mont-Royal
Montréal (Québec) Canada
H2H 2S8

Adresse de nos bureaux
2025 rue Parthenais, bureau 321
Montréal (Québec)
Canada H2K 3T2

E. : revue@esse.ca
T. : 1 514-521-8597
F. : 1 514-521-8598