Céleste Boursier-Mougenot

Bénédicte Ramade
  • Céleste Boursier-Mougenot, transHumUs 1, 2015. Photo : © Céleste Boursier-Mougenot, permission de Paula Cooper Gallery, New York
  • Céleste Boursier-Mougenot, transHumUs 1, 2015. Photo : © Céleste Boursier-Mougenot, permission de Paula Cooper Gallery, New York
  • Céleste Boursier-Mougenot, from here to ear v. 19, vue d'installation, Musée des beaux-arts de Montréal, 2015 – 2016. Photo : Musée des beaux-arts de Montréal, Justine Février, permission du Musée des beaux-arts de Montréal
  • Céleste Boursier-Mougenot, from here to ear – FreePort [No. 007]: Céleste Boursier-Mougenot, vue d'installation, Peabody Essex Museum, Salem, Massachusetts, 2014. Photo : © Céleste Boursier-Mougenot, permission de l'artiste et de Paula Cooper Gallery, New York
  • Céleste Boursier-Mougenot, from here to ear (version hors série), vue installation, dépôt du CNAP au Frac Franche-Comté, Besançon, 2014. Photo : © Blaise Adilon, © Céleste Boursier-Mougenot, permission de l'artiste et de Paula Cooper Gallery, New York

Céleste Boursier-Mougenot manie le vivant comme un instrument. Qu’il s’agisse d’arbres ou d’oiseaux, il élabore à partir de leur présence des installations subtiles qui comprennent les comportements sociaux des espèces et maximisent l’effet de présence des organismes. À Venise, pour la 56e Biennale, trois pins sylvestres ont été installés sur des plateformes motorisées propulsées par les stimulus émis par les arbres en fonction du milieu ambiant (lumière, chaleur, humidité) et traduits en ondes électriques (transHuMus, 2015). Les arbres se déplaçaient avec lenteur et produisaient aussi des sons audibles dans le pavillon, le son de la nature converti en sons électroniques.

L’intelligence des plantes est un débat qui fait rage chez les scientifiques : ont-elles une telle capacité alors même qu’elles n’ont pas de neurones ? On sait déjà qu’elles « communiquent » entre elles, modifient leur chimie en cas d’agression chez certaines espèces, appellent la pluie, mais ces arbres motorisés sont-ils capables de penser ? Et les oiseaux, comment s’acclimatent-ils à l’environnement (from here to ear, 2008-2015, installation présentée au Musée des beaux-arts de Montréal) ? Ce ne sont pas des espèces sauvages mais bien des spécimens domestiques qui ont été sélectionnés. Ces délicats diamants mandarins originaires d’Australie évoluent avec volubilité et vélocité dans l’espace, picorant sur l’une des dix guitares électriques et quatre basses raccordées à des amplificateurs, semblant peu soucieux du larsen et des riffs qu’ils produisent, ni même des visiteurs admiratifs. Indifférents aux sons parfois toni¬truants, les oiseaux exercent une activité frénétique génératrice d’une partition qui célèbre l’aléatoire. L’organisation sociale de leur colonie, les échanges aux pépiements légers contrastent avec les vrombissements intempestifs et désordonnés des guitares, le tout sous les yeux des observateurs comme envoutés par ce concert naturaliste.

S'abonner à l'infolettre

 Retrouvez nous sur Twitter !Retrouvez nous sur Facebook !Retrouvez nous sur Instagram !

Encan


Informations



Contact

esse arts + opinions

Adresse postale
C.P. 47549,
Comptoir Plateau Mont-Royal
Montréal (Québec) Canada
H2H 2S8

Adresse de nos bureaux
2025 rue Parthenais, bureau 321
Montréal (Québec)
Canada H2K 3T2

E. : revue@esse.ca
T. : 1 514-521-8597
F. : 1 514-521-8598