Billie Zangewa

Koyo Kouoh
  • Billie Zangewa, Midnight Aura, 2012.
  • Billie Zangewa, Domestic Scene, 2016; Back to Black, 2015.
  • Billie Zangewa, The Rebirth of the Black Venus, 2010; Every Woman, 2016.
  • Billie Zangewa, Morning Glory, 2017.

La broderie pour tisser une identité collective

Billie Zangewa, native du Malawi, a étudié le graphisme et la gravure d’art à la Rhodes University. Le papier textureé a éveillé son intérêt pour la matérialité des surfaces, et c’est en Johannesburg, où elle s’est installée, qu’elle a trouvé sa source d’inspiration. L’autoréférentialité est le cadre conceptuel qu’elle a choisi pour donner forme à l’archétype de la femme africaine contemporaine, et pour contribuer à la redéfinition de sociétés où le patriarcat et les idées réactionnaires continuent de faire obstacle à la libération des femmes. Bien que ses tapisseries soient autobiographiques, l’artiste est aussi inspirée par la construction d’une identité collective, comme dans Midnight Aura et Angelina Rising – des titres qui font référence à des motifs wax de la filature hollandaise Vlisco. La femme africaine représentée dans les tapisseries de Zangewa, qui a « expérimenté la modernité », pour reprendre les mots de Yinka Shonibare MBE, a dû se reconquérir : passive et soumise aux désirs des hommes, elle est devenue agente d’une séduction consciemment et volontairement mise en scène.

The Rebirth of the Black Venus, par exemple, montre une femme noire, nue et gracieuse, qui semble descendre du ciel sur une métropole contemporaine imaginaire. Son corps est entouré d’un ruban où l’on peut lire : Surrender whole-heartedly to your complexity (« Cède de tout cœur à ta complexité »). Son assurance, sa grâce et le caractère sexuel de son maintien évoquent un geste d’amour : elle se livre aux promesses de la cité. Zangewa ne se considère pas comme une artiste engagée, non plus qu’une artiste féministe, d’ailleurs. Toutefois, elle tient à tisser ses histoires selon la trame de sa féminité. Le fait de choisir la broderie comme moyen d’expression, à une époque où cette activité (typiquement féminine) est tombée en désuétude, témoigne d’une certaine radicalité de son travail et de sa sensibilité à la force créative des femmes. Dans la mesure où elle a transformé un passetemps traditionnellement féminin en source d’inspiration de son expression créative, on peut dire que le féminisme de Zangewa est un acte d’amour pour ses sœurs humaines.

Traduit de l’anglais par Sophie Chisogne

Légendes des photos
Image 1 : Billie Zangewa, Midnight Aura, 2012. Photo : © Billie Zangewa, permission de AFRONOVA GALLERY, Johannesburg
Images 2 et 3 : Billie Zangewa, Domestic Scene, 2016; Back to Black, 2015. Photos : © Billie Zangewa, permission de AFRONOVA GALLERY, Johannesburg
Images 4 et 5 : Billie Zangewa, The Rebirth of the Black Venus, 2010; Every Woman, 2016. Photos : © Billie Zangewa, permission de AFRONOVA GALLERY, Johannesburg
Image 6 : Billie Zangewa, Morning Glory, 2017. Photo : © Billie Zangewa, permission de AFRONOVA GALLERY, Johannesburg

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