Publication | Daniel Olson. Beside myself / Hors de moi

71
2013

Daniel Olson. 
Beside myself / Hors de moi 
André-Louis Paré et Bernard Schütze, catalogue d’exposition, EXPRESSION Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, 2010, 128 p.

Depuis quelques années, EXPRESSION se positionne comme un acteur important dans l’édition de catalogues d’exposition extrêmement bien ficelés et pertinents pour la compréhension du travail d’artistes québécois. Dans cette foulée, le magnifique ouvrage monographique sur Daniel Olson, qui fait suite à une exposition rétrospective tenue en 2008, permet de retracer l’univers singulier de l’artiste à travers deux lectures de l’œuvre rédigées par le commissaire de cette exposition, André-Louis Paré, et par l’auteur Bernard Schütze. La facture de l’ouvrage, qui rappelle les vieilles éditions, souligne l’intérêt de l’artiste pour la littérature, et en particulier la fiction. Richement illustré, le livre permet au lecteur de se retrouver aisément dans les nombreuses descriptions faites par André-Louis Paré, dont le texte suit une préface de Marcel Blouin. Son analyse puise largement dans la philosophie et, surtout, dans le poststructuralisme, qui s’est intéressé à la notion du sujet et à la construction du moi en tant qu’entité singulière. On retient d’ailleurs cette phrase : « Faire de sa vie une œuvre d’art », qui résume bien la démarche de l’artiste. Ainsi, l’aspect autobiographique chez Olson a plus à voir avec les relations qu’il entretient avec le monde, et particulièrement avec la culture en tant que vaste terrain d’expérimentation. Le texte de Paré relève donc les multiples sources qui ont alimenté l’artiste, que ce soit dans le théâtre (le burlesque), le cinéma (notamment en citant Hitchcock ou en se mettant dans la peau d’Orson Welles), la chanson populaire, les arts visuels (Fluxus, l’art conceptuel et le dadaïsme) et la littérature.

Outre ces différents liens avec l’art, Paré montre que la figure de l’artiste chez Olson se place en marge du marché de l’art, plus précisément qu’il incarne la figure de l’artiste mineur. Sans être péjoratif, ce qualificatif définit l’artiste en tant que touche-à-tout « qui voit le monde à partir des petites choses du quotidien, de l’élémentaire, du presque rien. » Dans un tout autre registre, le texte de Bernard Schütze, très inspiré, pose un regard juste sur le travail de Daniel Olson. Utilisant le dialogue comme procédé théâtral, l’auteur met en scène deux oiseaux qui mènent une enquête sur l’artiste. La scène se déroule dans l’atelier d’Olson, et les deux protagonistes tentent de définir l’artiste, de reconstituer son portrait en examinant les objets laissés sur place. En inventant un mot-valise, le « pragmartiste », les deux personnages arrivent à la conclusion qu’Olson est un artiste qui expérimente par des gestes simples et des objets du quotidien afin d’exposer son nom ou son visage. Se rapprochant de l’analyse de Paré, le texte de Schütze met aussi en lumière l’intérêt que l’artiste porte pour la fabrication d’une « fiction de son moi » par l’appropriation. Dans l’ensemble, cet ouvrage pourrait constituer une sorte de mise en abyme, une fiction sur le travail de Daniel Olson, qui est déjà une fiction.

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