Appel de textes

APPEL DE TEXTES - SOUMISSIONS

Les textes proposés peuvent être envoyés en format lettre US (.doc, .docx ou .rtf) à redaction@esse.ca avant le 1er septembre 2019 (dossier Savoir) ou 10 janvier 2020 (dossier Plantes). Veuillez inclure, à même le texte, une courte notice biographique (35-45 mots), un résumé du texte (80-100 mots), ainsi que votre adresse courriel et postale. Les propositions non afférentes aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues (prière de référer au point 2 de la politique éditoriale ci-dessous). Un accusé de réception sera envoyé dans les 7 jours suivant la date de tombée. Si vous ne l’avez pas reçu, nous vous invitons à communiquer avec nous pour vérifier la réception de votre texte.

No 98 : Dossier Savoir
Avant le 1er septembre 2019

En empruntant au monde de l’enseignement ses manières de faire dans ses conférences, installations, workshops et plateformes de discussions, l’artiste pédagogue a contribué à ouvrir un vaste champ de pratiques artistiques aujourd’hui associées au « tournant éducatif de l’art » (Rogoff, 2008 ; O’Neill & Wilson, 2010). Dans les dernières années, les expositions d’archives, les conférences-performances, les œuvres participatives à visée éducative, les films et le théâtre documentaires, les workshops, les symposiums se sont multipliés, faisant de l’art un moyen alternatif non seulement d’enseigner, mais aussi d’informer, de faire de la recherche, d’échanger des idées et de susciter des réflexions épistémologiques.

Si l’art n’a jamais été aussi lié à l’université, il ne s’agit pas pour autant de faire comme elle. Toutefois, comme le remarque le philosophe Gerald Raunig, les institutions de savoir, tout comme les institutions artistiques, sont actuellement modulées par la lourdeur des règles bureaucratiques et technocratiques et par un mode d’évaluation en évolution constante, ajusté au rythme du capitalisme tardif. Ces artistes et leurs collaborateurs qui inventent des écoles alternatives et qui intègrent des laboratoires de recherche, et ces commissaires qui convient les citoyens à des débats dans les espaces d’exposition souhaitent combler les manques et corriger les travers d’une institution de plus en plus privatisée, standardisée, liée au capitalisme cognitif et orientée vers les besoins du marché. Contre la figure autoritaire du chercheur ou de l’enseignant maitre d’une méthode de recherche balisée et d’une vérité neutre et objective à transmettre, ces artistes et commissaires promeuvent un savoir créatif, permettant l’échec, attribuant une place à l’imagination, à la vie vécue des personnes concernées, à la non-productivité, libéré des contraintes des disciplines scientifiques.

Plusieurs souhaitent mettre en évidence les rapports de pouvoir inhérents à la production de savoir, considérant avec Michel Foucault « qu’il n’y a pas de relations de pouvoir sans constitution corrélative d’un champ de savoir, ni de savoir qui ne suppose et ne constitue en même temps des relations de pouvoir » (Surveiller et punir). Influencés par les nouvelles épistémologies féministes, postcoloniales, subalternes et queer, ils croient que l’art permet d’observer le savoir à distance et de remettre en question ses méthodes de production et de partage. Pour d’autres, l’art représente un espace privilégié pour la pensée, une plateforme démocratique où des personnes de cultures et de statuts sociaux différents sont rassemblés autour d’enjeux politiques contemporains, pour trouver de nouvelles idées et ainsi imaginer un autre monde que celui, néolibéral, dans lequel nous vivons. Ces artistes et commissaires créent des formes permettant d’expérimenter des manières alternatives de connaitre, horizontales, subjectives, collectives et situées. Pour certains, enfin, il s’agit d’investir les limites du savoir par-delà son acception scientifique.

Esse arts + opinions invite les auteur.e.s et artistes à proposer des textes qui problématisent les rapports entre art et savoir à partir de pratiques artistiques et commissariales contemporaines. Comment l’art réinvente-t-il la science, la recherche, l’éducation et leurs institutions ? Quel genre de savoir produit l’artiste ? Quel est le rôle des commissaires d’expositions face à la nécessité de retrouver des espaces de partage de connaissances dans nos démocraties affaiblies ? Comment le musée se positionne-t-il comme lieu de savoir au moment où l’université est de plus en plus soumise aux impératifs de rentabilité économique, d’utilité calculable et du financement privé ? En faisant de l’art un producteur de savoir, ces projets sacrifient-ils une indépendance chèrement gagnée ? Comment résistent-ils aux pressions exercées par le capitalisme cognitif et l’économie de la connaissance ? Avec l’art, le savoir retrouve-t-il réellement ce potentiel émancipateur défendu par les philosophes des Lumières ? L’art devient-il ainsi le lieu d’exploration du relativisme épistémologique, rôle peu enviable à l’ère de la post-vérité ? Bref, comment l’art permet-il de savoir dans le contexte contemporain ?

No 99 : Dossier Plantes
Avant le 10 janvier 2020

Depuis quelques années, on observe une présence considérable des végétaux dans les pratiques artistiques contemporaines. Nombre d’artistes ont recours aux plantes à la fois comme motif (abstractions botaniques, photographies de jardins, projections florales), comme matière (par l’utilisation de teintures végétales ou de fibres issues des plantes), comme objet relationnel ou encore comme mode de résistance politique (seed bombing, pratiques de jardins collectifs, narrations postcoloniales). Cette omniprésence des plantes en art réactualise des questions soulevées par des pratiques artistiques qui ont fait une place au monde végétal au-delà de sa simple représentation ou de sa conception romantique. Toutefois, remarquons que si les plantes prennent une place grandissante dans les pratiques actuelles, ce n’est pas en proposant systématiquement un espace autre que celui de la galerie ou en refusant d’entrer dans le marché de l’art ; au contraire, le végétal s’entrevoit comme objet à entretenir, à exposer, à partager, mais aussi à posséder.

Le commerce des plantes tropicales, qui laisse une empreinte écologique de plus en plus marquée, est en augmentation constante depuis quelques années, alors que la génération des milléniaux envisagerait la parentalité par le végétal. Simultanément, les scientifiques observent une augmentation décisive du taux d’extinction des espèces végétales, symptomatique des changements climatiques et de l’extraction capitaliste. Devant la fragilité de la biodiversité actuelle, il y a donc urgence à repenser notre rapport au végétal.

Dans l’ouvrage collectif Botanical Speculations: Plants in Contemporary Art, Giovanni Aloi met en lumière certaines approches développées par les artistes permettant de reconsidérer notre relation à la vie des plantes et de révéler l’interconnectivité du vivant dans une perspective qui défie l’anthropocentrisme. La vie des plantes d’Emanuele Coccia propose de comprendre le monde comme « un lieu de véritable mélange métaphysique » en adoptant le point de vue des feuilles, des racines et des fleurs.

Est-il possible d’être révolutionnaire et d’aimer les fleurs ? Tirée du titre d’une œuvre de l’artiste française Camille Henrot, cette question sous-tend une conception apolitique trop longtemps attribuée au monde végétal dans les cercles intellectuels et politiques. Relégués aux domaines du décoratif ou de l’ornemental, les végétaux seraient dangereusement passifs. Est présupposée une distinction entre l’amour du végétal, perçu comme un désengagement banal ou bourgeois, et une force révolutionnaire. Et si, au contraire, la révolution était possible à partir des plantes ?

Esse arts + opinions invite les auteur.e.s et artistes à proposer des textes qui explorent les complexités du monde végétal et réfléchissent son imbrication dans les pratiques artistiques contemporaines. Dans quelle mesure la présence des plantes en art contemporain nous encourage-t-elle à repenser la mise en exposition des œuvres, ou la distinction entre les vocations des musées scientifiques, historiques et artistiques ? Ce recours au règne végétal nous offre-t-il également une série de métaphores probantes pour repenser l’existence commune nourrie par le souci et le soin des autres ? Comment les plantes nous invitent-elles à entrevoir autrement la place du vivant en société et dans l’art ? Qu’a-t-on à apprendre de leurs modes d’existence ? Est-il possible de repenser l’engagement politique ou l’activisme social de par le monde végétal ? Comment les plantes favorisent-elles des approches nouvelles, fondées sur la spéculation, la décolonisation ou la relecture postcritique ?

POLITIQUE ÉDITORIALE
1. Esse arts + opinions, publiée par Les éditions esse, est une revue bilingue qui s’intéresse principalement à l’art contemporain et aux pratiques multidisciplinaires. La revue privilégie les essais sur l’art contemporain récent et les analyses critiques à travers des textes qui abordent l’art en relation avec le contexte dans lequel il s’inscrit. Chaque numéro propose un dossier thématique, un portfolio d’œuvres, une section d’articles critiques traitant de la scène culturelle internationale, une section de comptes rendus d’expositions, d’évènements et de publications. La plateforme esse.ca propose également des articles sur l’actualité artistique, de même que des archives d’anciens numéros de esse.

2. Les auteur.e.s sont invité.e.s à proposer des textes les 10 janvier, 1er avril et 1er septembre de chaque année. Les textes peuvent être soumis pour l’une des 3 sections suivantes :
La section Dossier thématique : des essais de 1500 à 2 000 mots. L’orientation thématique est disponible en ligne 4 à 6 mois avant la date tombée : http://esse.ca/fr/appeltextesfr
La section Articles : des essais, articles de fond ou entrevues de 1 250 à 2000 mots (notes incluses).
La section Comptes rendus : des couvertures d’expositions, d’évènements ou de publications (500 mots, sans notes de bas de page ou 950 mots, une ou deux notes de bas de page maximum).

3. À moins d’une entente contraire avec Les éditions esse, l’auteur.e s’engage à soumettre un texte inédit et original.

4. Chaque texte est soumis au comité de rédaction, qui se réserve le droit de l’accepter ou de le refuser. Les critères de sélection sont basés sur la qualité de l’analyse et de la rédaction, la pertinence du texte dans le numéro en cours (la thématique), de la pertinence du corpus d’œuvres et d’artistes choisis. Un texte peut aussi être refusé en raison d’un trop grand nombre de propositions pour le numéro dans lequel il est soumis. Un délai de 6 semaines est requis pour la sélection des textes. La décision de refuser un texte est sans appel.

5. À moins d’une entente contraire, le comité ne retient pas les textes étant sources possibles de conflit d’intérêts entre l’auteur et le sujet couvert (par exemple, les textes d’artistes sur leur propre pratique, les écrits par les commissaires d’expositions ou desdits évènements ou par la galerie d’un artiste).

6. Les auteurs dont les textes sont retenus s’engagent à formater le texte selon les normes typographiques de esse, suivant un document envoyé avec l’entente de publication.

7. Dans le respect de la vision et du style de l’auteur.e, le comité de rédaction se réserve le droit de demander des corrections de nature sémantique ou autre : qualité de la langue, structure générale du texte, clarté, carences, pertinence des titres et des sous-titres, normes de composition.

8. Les textes acceptés sous conditions feront l’objet d’une discussion entre l’auteur.e et le comité de rédaction. Si des modifications sont demandées, l’auteur.e se verra accorder quinze (15) jours pour les réaliser.

9. Tous les frais de correction typographique du texte de l’auteur.e seront à la charge des Éditions esse sauf les corrections d’auteur, s’il y a lieu, qui seront à la charge de celui-ci.

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