Appel de textes

APPEL DE TEXTES - SOUMISSIONS

Les textes proposés (de 1 000 à 2 000 mots maximum, notes incluses) peuvent être envoyés en format lettre US (.doc, .docx ou .rtf) à redaction@esse.ca avant le 10 janvier 2018. SVP inclure, à même le texte, une courte notice biographique (30-50 mots), un résumé du texte (80-100 mots), ainsi que son adresse courriel et postale. Les propositions non afférentes aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues (dates de tombée : 1er septembre, 10 janvier et 1er avril de chaque année). Un accusé de réception sera envoyé dans les 7 jours suivant la date de tombée. Si vous ne l’avez pas reçu, nous vous invitons à communiquer avec nous pour vérifier la bonne réception de votre texte.

No 93 : Dossier Esquisse
Avant le 10 janvier 2018

Qu’est-ce qu’une esquisse ? La réponse la plus évidente : un dessin ou une peinture à l’état brut, non achevé. En français, le mot esquisse a un sens figuré qui manque à l’anglais. Par exemple, on peut esquisser un sourire et laisser transparaitre une émotion, tandis qu’un geste esquissé suppose un certain degré de subtilité ou d’hésitation. L’anglais quant à lui dispose avec le mot sketch d’une signification théâtrale absente du mot esquisse : une saynète ou un numéro bref, au ton humoristique. Mais dans les deux langues, le mot porte en lui l’idée de démarche, de fluidité, de spontanéité.

Dans le contexte des beaux-arts, l’esquisse était considérée à l’origine comme le matériau brut de la composition achevée. Exécutée sur du parchemin ou des tablettes de bois, de pierre ou de cire, l’esquisse était associée presque exclusivement à la peinture, jusqu’à ce que des avancées dans la fabrication du papier, ainsi que l’invention d’outils comme le crayon, la rendent à la fois accessible et abordable. Bien que, pendant la Renaissance, on appréciait déjà l’esquisse en tant que moyen d’invention et de jeu, ce n’est qu’au début de l’ère moderne qu’on a commencé à la regarder comme une expression spontanée de l’individualité de l’artiste. Diderot, par exemple, dans son Salon de 1765, observe que « [l]es esquisses ont communément un feu que le tableau n’a pas. C’est le moment de chaleur de l’artiste, la verve pure, sans aucun mélange de l’apprêt que la réflexion met à tout. C’est l’âme du peintre qui se répand librement sur la toile ». Si les théories de la première modernité concevaient habituellement l’esquisse comme une expression du tempérament ou du caractère de l’artiste, les plus tardives l’ont également considérée dans le contexte de sa spécificité de support en soulignant le trait, l’immédiateté et la relation entre les contrastes qui la caractérisent. À partir des années 1960, les artistes adeptes du mouvement conceptuel ont subverti ces deux paradigmes en recourant aux procédés et à un art fondé sur l’instruction, ce qui a estompé les frontières entre les disciplines et défié l’autorité du geste de l’artiste. Plus récemment, l’élément de hasard que comportent ces méthodes a plu aux artistes inspirés par les travaux des théoriciens français Gilles Deleuze et Félix Guattari, dont le concept de « lignes de fuite » privilégie les éclairs d’énergie créative qui ébranlent le statuquo social et artistique. Cette ligne de pensée attribue une fonction libératrice à l’esquisse, qui devient une action performative – ce qui s’accorde mal à un milieu de l’art hautement professionnalisé et bureaucratisé – cherchant à résister à l’oppression par la seule force de l’invention spontanée. De nos jours, l’idée d’esquisse englobe un large éventail de stratégies et de préoccupations, depuis le caractère propre du site à l’interaction des non-Occidentaux et des Autochtones avec la discipline du dessin, en passant par l’appropriation, l’impermanence, l’accumulation, l’hybridité, la performance et la pratique sociale.

Esse arts + opinions invite critiques et artistes à proposer des articles sur l’esquisse envisagée selon diverses perspectives et écoles de pensée, notamment l’abstractionnisme, le formalisme, le conceptualisme, les diverses formes du comique (satire, caricature et burlesque), la performance, la pratique sociale, la politique de l’identitaire et l’art militant. Les textes qui explorent l’histoire matérielle de l’esquisse comme moyen de décrire des phénomènes contemporains, ou qui l’examinent en relation au corps ou aux lieux de l’engagement politique sont aussi bienvenus. Ce que nous souhaitons accueillir avant tout, ce sont des textes dont les auteurs saisissent à bras le corps les potentiels contenus dans l’idée d’esquisse. Quel rôle joue-t-elle dans l’art, aujourd’hui ? Que nous apprend-elle que d’autres formes plus abouties ne peuvent nous apprendre ? Comment le processus de l’esquisse est-il employé dans l’art collaboratif ou les pratiques sociales ? Sur quels fondements idéologiques repose-t-elle ? Ce sont quelques-unes des questions que Esse espère voir traiter dans ce numéro.

POLITIQUE ÉDITORIALE
1. Esse arts + opinions, publiée trois fois l’an par Les éditions esse, est une revue d’art contemporain bilingue qui s’intéresse principalement à l’art contemporain et aux pratiques multidisciplinaires (arts visuels, performance, vidéo, musique et danse actuelles, théâtre expérimental). La revue privilégie les essais sur l’art et les analyses critiques, les comptes rendus d’expositions, à travers des textes qui abordent l’art en relation avec le contexte dans lequel il s’inscrit. Chaque numéro propose un dossier thématique, un portfolio d’œuvres, une section d’articles critiques traitant de la scène culturelle internationale, une section de comptes rendus d’expositions, d’événements et de publications. La plateforme esse.ca propose également des articles sur l’actualité artistique, de même que des archives d’anciens numéros de esse.

2. Les auteurs sont invités à proposer des textes les 10 janvier, 1er avril et 1er septembre de chaque année. Les textes peuvent être soumis pour l’une des 4 sections suivantes :
La section Dossier thématique : des essais de 1 000 à 2 000 mots (notes incluses). L’orientation thématique est disponible en ligne 4 à 6 mois avant la date tombée : http://esse.ca/fr/appeltextesfr
La section Articles : des essais, articles de fond ou entrevues de 1 000 à 1 500 mots (notes incluses).
La section Comptes rendus bref : des couvertures d’expositions, d’évènements ou de publications (500 mots maximum, sans notes de bas de page).
La section Comptes rendus long : des couvertures d’expositions ou d’évènements (950 à 1 000 mots maximum, sans notes de bas de page).

3. À moins d’une entente contraire, l’auteur(e) s’engage à soumettre un texte inédit et original.

4. Chaque texte est soumis au comité de rédaction, qui se réserve le droit de l’accepter ou de le refuser. Les critères de sélection sont basés sur la qualité de l’analyse et de la rédaction, la pertinence du texte dans le numéro en cours (la thématique), de la pertinence du corpus d’œuvres et d’artistes choisis. Un texte peut aussi être refusé en raison d’un trop grand nombre de propositions pour le numéro dans lequel il est soumis. Un délai de 6 semaines est requis pour la sélection des textes. La décision de refuser un texte est sans appel.

5. À moins d’une entente contraire, le comité ne retient pas les textes étant sources possibles de conflit d’intérêts entre l’auteur et le sujet couvert (par exemple, les textes d’artistes sur leur propre pratique, les écrits par les commissaires d’expositions ou desdits évènements ou par la galerie d’un artiste).

6. Les auteurs dont les textes sont retenus s’engagent à formater le texte selon les normes typographiques de esse, suivant un document envoyé avec l’entente de publication.

7. Dans le respect de la vision et du style de l’auteur, le comité de rédaction se réserve le droit de demander des corrections de nature sémantique ou autre : qualité de la langue, structure générale du texte, clarté, carences, pertinence des titres et des sous-titres, normes de composition.

8. Les textes acceptés sous conditions feront l’objet d’une discussion entre l’auteur(e) et le comité de rédaction. Si des modifications sont demandées, l’auteur(e) se verra accorder quinze (15) jours pour les réaliser.

9. Tous les frais de correction typographique du texte de l’auteur(e) seront à la charge de esse sauf les corrections d’auteur, s’il y a lieu, qui seront à la charge de celui-ci.

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