Amélie Laurence Fortin, Axenéo7, Gatineau

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2018
Axenéo7
  • Vue d’exposition, Axenéo7, Gatineau, 2018. Photo : Justin Wonnacott
  • Vue d’exposition, Axenéo7, Gatineau, 2018. Photo : Justin Wonnacott
  • Amélie Laurence Fortin, Envoy, 2018. Photo : Justin Wonnacott
  • Vue d’exposition, Axenéo7, Gatineau, 2018. Photo : Justin Wonnacott

Amélie Laurence Fortin, Sous les soleils
Axenéo7, Gatineau, du 10 janvier au 24 février 2018

Avec l’exposition Sous les soleils, Amélie Laurence Fortin poursuit son exploration de la relation de l’humain avec le paysage, un enjeu central de sa pratique. Ancré dans un processus performatif récurrent chez l’artiste, ce projet s’inscrit dans son parcours à la suite d’une récente résidence sur un voilier se déplaçant autour du cercle polaire. Cette expérience lui a servi de point de départ pour une recherche alliant art et science, dans une démarche interdisciplinaire et collaborative qui caractérise sa production.

S’inspirant donc d’une écoute active du territoire nordique, l’artiste transpose dans l’exposition sa propre compréhension des phénomènes naturels, en les matérialisant par des sculptures, photographies et interventions in situ. Ce procédé de traduction permet de s’intéresser à la transformation de nos perceptions sonores ou optiques en fonction des contextes. Ainsi, dans la galerie, le simple son d’une pierre lancée sur la surface gelée d’un lac, juxtaposé à la vibration d’une plaque de cuivre fixée au mur, semble désormais provenir d’un espace lointain. Il en va de même pour le son généré par la pièce Envoy, sorte de tourne-disque dont la tête de lecture est en fait une roche qui se frotte sur un plateau d’acier. Agissant comme une métaphore d’un évènement à l’échelle cosmique, le mécanisme a pour fonction de recréer, par la gravure d’un sillon en temps réel, la fréquence d’une collision entre deux étoiles.

Ainsi, bien que prenant racine dans l’observation directe de la nature, le récit de l’exposition est alimenté par un imaginaire puisant autant dans l’astrophysique que la science-fiction. Le caractère insituable du paysage représenté dans les photographies en noir et blanc témoigne de cette approche, à l’instar des sonorités et des différentes sculptures qui n’offrent pas plus d’indices sur l’origine de leur localisation. Ces dernières partagent toutefois une même corporalité qui les lie intrinsèquement au paysage et à la terre, en ce qu’elles se composent principalement de matières minérales ou métalliques. Néanmoins, la réflexion de l’artiste quant à l’influence de la culture sur la nature se manifeste dans Planet Caravan avec la combinaison de ce type de matériaux et d’un pigment développé en laboratoire scientifique. Considéré comme reproduisant le noir le plus noir, celui-ci absorbe la lumière de façon prodigieuse et permet par le fait même de repérer l’effet contraire, c’est-à-dire la multitude d’occurrences où la lumière se réfléchit.

Dans cet ordre d’idées, l’audacieuse intervention in situ intitulée c “Crash” poursuit cette exploration des phénomènes optiques. Grâce à un puissant rayon lumineux qui traverse les trouées circulaires pratiquées dans les cloisons, Fortin parvient à recréer l’impression d’une éclipse. Tout en se projetant sur le mur du fond, celle-ci se dédouble en une réflexion dans la vitrine de la galerie ; deux soleils sous lesquels se découvre le monde proposé par l’artiste. Mais au-delà d’une illusion d’optique, l’intervention porte finalement cette idée du rayon, celui qui traverse, illumine, irradie, se réfléchit et qui, malgré son potentiel d’être sculpté tout comme le son, demeure toujours insaisissable.

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