Montréal - Galerie B-312, Jonathan Villeneuve, Faire la vague

77
2013
Montréal
  • Vue d'installation. photo : Jean-Marc Fredette, permission de la Galerie B-312, Montréal

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Jonathan Villeneuve, Faire la vague
Galerie B-312, Montréal, du 15 novembre au 15 décembre 2012

Après un passage remarqué dans diverses salles d’exposition au Québec et à Vancouver, l’installation Faire la vague de Jonathan Villeneuve était récemment présentée à la Galerie B-312, une première en sol montréalais. Réalisée en 2009 pour une exposition solo au Musée d’art contemporain des Laurentides, l’œuvre constituée d’une imposante charpente de bois et d’une vidéo marque un tournant dans la pratique de l’artiste. Le choix de matériaux familiers, souvent inaltérés, la conception d’une structure aux formes épurées, mais à l'assemblage complexe, et l’emploi de dispositifs mécaniques élémentaires contribuent à créer des pièces poétiques, animées et sonores. Par leurs titres évocateurs, tels que Mouvement de masse (2010), Longueur d’onde (2011), et ici, Faire la vague, celles-ci font référence à des phénomènes d’ordre à la fois naturel et culturel.

Dès l’entrée, le spectateur est confronté à une structure colossale insérée entre le plancher et le plafond et qui scinde la pièce en deux, tel un élément structurel du bâtiment. Or, l’objet architectural s’anime et émet un son qui rappelle celui du bateau tossant contre le quai. Composée de plusieurs dizaines de planches de bois de construction alignées à la verticale, la structure est activée au moyen d’un système d’arbre à cames laissé apparent qui, par un mouvement rotationnel, déplace les lattes insérées dans d'étroits caissons de bois. Du coup, la friction entre les planches et les parois des enclaves produit une sonorité qui, bien qu’elle nous semble amplifiée, ne résulte pourtant que de l’effet de résonance naturelle des lieux. Ainsi, au-delà de la structure physique de l’œuvre, c’est le son qui génère ici les images d’un paysage maritime, comme le laissait présager l’idée de la vague. À partir d’un dispositif mécanique rudimentaire, cette « machine simple », pour reprendre le titre du très beau texte de Daniel Canty distribué lors de l’exposition, fait appel aux sens et à l’entendement affectif des spectateurs, pour ouvrir du côté de l’imaginaire et de ses multiples possibilités d’assemblage.

De manière similaire, la vidéo dans laquelle l’artiste active manuellement un jouet miniature « à assembler soi-même » éveille des souvenirs d’enfance, par l’entremise du miniature et de l’animé. À cet égard, -rappelons-nous que le jouet (et le jeu de manière générale) est ce par quoi l’enfant apprend à connaître le monde qui l’entoure et à distinguer la réalité de la fiction. Modèle réduit, il témoigne ici de la genèse conceptuelle du projet et instruit sur le processus créatif de l’artiste. C’est d’ailleurs un des points forts de l’exposition : d’un côté, le fonctionnement du dispositif mécanique et l’origine de l’œuvre sont exhibés, de l’autre, l’installation stimule efficacement l’imaginaire et génère des souvenirs. Ainsi, en conceptualisant un mécanisme dont la sonorité et le mouvement font image, Villeneuve utilise l’automate comme engin poétique et interroge les processus mémoriels dans la compréhension du réel.

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