Le Mois de la Photo à Montréal, Parisian Laundry, SBC, Galerie Joyce Yahouda, Maison de la culture Frontenac

Parisian Laundry, SBC, Galerie Joyce Yahouda, Maison de la culture Frontenac
  • Andreas Rutkauskas, N 51o 20’ 40’’ W 116o 20’ 26’’ (Imagery Date: 09/14/2002), de la série Virtually There (2010 – en cours). Photo : © Andreas Rutkauskas
  • Andreas Rutkauskas, N 51o 20’ 26’’ W 116o 13’ 17’’ (2015), de la série Virtually There (2010 – en cours). Photo : © Andreas Rutkauskas
  • Patricia Piccinini, Domain, de la série Nature's Little Helpers, 2005. Photo : @ Patricia Piccinini
  • Isabelle Le Minh, Tous décavés, Portraits soufflés, After Alphonse Bertillon (détail), 2015. Photo : © Isabelle Le Minh, permission de la Galerie Christophe Gaillard, Paris
  • Paul Wong, Year of Gif, 2013. Photo : @ Paul Wong
  • Roberto Pellegrinuzzi, Mémoires (détail), 2015. Photo : © Roberto Pellegrinuzzi, permission de Pierre-François Ouellette art contemporain, Montréal
  • Roberto Pellegrinuzzi, Mémoires, vue d'installation, Parisian Laundry, Montréal, 2015. Photo : © Roberto Pellegrinuzzi, permission de Pierre-François Ouellette art contemporain, Montréal

[In French]

Le Mois de la Photo à Montréal
Parisian Laundry, SBC, Galerie Joyce Yahouda, Maison de la culture Frontenac
Du 10 septembre au 11 octobre 2015

Premier d'une série de trois textes sur le Mois de la Photo à Montréal.

La 14e édition du Mois de la Photo à Montréal débute cette semaine alors que 16 lieux artistiques montréalais s’affichent sous le signe de la condition post-photographique. Commissaire de l’événement, Joan Fontcuberta a sélectionné une photographie, un croisement entre la consommation soutenue des images actuelles et une mobilisation croissante des nouvelles technologies, issues de la seconde révolution numérique.

Les premières expositions d’ores et déjà ouvertes offrent une perspective transversale sur une photographie qui semble refuser d’abandonner sa matérialité et ses codes de présentation usuels. Alors que la dématérialisation de la photographie numérique promettait de mettre de l’avant le concept plutôt que le support, permettant ainsi de se détacher des anciens modèles de présentations, la série d’expositions du Mois de la Photo à Montréal parait plutôt redevable de schémas familiers, à l’image des œuvres d’Andreas Rutkauskas qui jouent de l’impact monumental de grands tirages à la Maison de la culture Frontenac, ou de l’exposition de Piccinini à la Galerie de l’UQAM qui rassemble photographies, vidéos et sculptures sans redéfinir leurs dispositifs muséaux traditionnels.

La technologie est présente mais discrète. Les références machiniques et numériques s’aventurent sur des pistes diverses en refusant de se précipiter sur les découvertes futuristes, privilégiant plutôt les procédés plus conventionnels de la photographie. Isabelle Le Minh se réfère aux cyanotypes des procédés de la photographie archaïque, MissPixels revisite l’équilibre des paysages par des processeurs de texte et de manipulation de pixels tandis que Janet Cardiff et George Bures Miller emploient un ancien carrousel à diapositives associé à un récit de voyage.

Se positionnant comme hybride et multiple, l’image semble accéder à sa condition post-photographique davantage par le biais d’une posture critique engagée par les artistes que par des médiums employés. Les artistes jouent de la surcharge et de la saturation pour mimer jusqu’à outrance les usages photographiques actuels. Les images-éclair, les captures continues et en temps réel et les journaux photographiques compulsifs utilisés par Christopher Baker, Paul Wong et Roberto Pellegrinuzzi revisitent avec recul et un certain épuisement ces outils générateurs d’images qui s’immiscent à l’échelle individuelle pour redéfinir notre subjectivité.

La condition post-photographique telle qu’abordée par Joan Fontcuberta accorde une place prégnante aux pulsions biographiques qui compilent les « instants non-décisif », à rebours de la photographie artistique et amateur du 20e siècle. Les expositions entendent proposer d’élargir le champ de l’image photographique pour questionner l’ensemble de notre culture visuelle où règne désormais une « iconocracie ».

Basée sur une esthétique de l’amplitude, la collecte d’images via Internet chez Dominique Blain, via youtube chez Christopher Baker ou encore via Facebook chez Isabelle Minh et, plus en marge, l’accès à Google Earth de Rutkauskas, redéfinissent également les frontières de la création et de l’appropriation, de l’auteur et du spectateur anonyme. Ces enjeux artistiques récurrents depuis plusieurs décennies ne constituent pas la dimension fondamentale de la post-photographie, mais en sont des symptômes actualisés.

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