Le Mois de la Photo à Montréal, Centre Clark, Occurrence, Optica, Parisian Laundry

Centre Clark, Occurrence, Optica, Parisian Laundry
  • Dina Kelberman, vue de l'exposition Torrent, Centre Clark, Montréal, 2015. Photo : © Le Mois de la Photo à Montréal, permission de l'artiste
  • Dina Kelberman, vue de l'exposition Torrent, Centre Clark, Montréal, 2015. Photo : © Le Mois de la Photo à Montréal, permission de l'artiste
  • Dina Kelberman, vue de l'exposition Torrent, Centre Clark, Montréal, 2015. Photo : © Le Mois de la Photo à Montréal, permission de l'artiste
  • Hans Eijkelboom, The Street and Modern Life, 2015. Photo : © Hans Eijkelboom
  • Erik Kessels, All Yours, 2015, détail tiré de « in almost every picture #9 », 2011. Photo : © Erik Kessels
  • Erik Kessels, All Yours, 2015, détail tiré de « in almost every picture #9 », 2011. Photo : © Erik Kessels
  • Erik Kessels, All Yours, 2015, détail tiré de « in almost every picture #9 », 2011. Photo : © Erik Kessels

[In French]

Le Mois de la Photo à Montréal
Centre Clark, Occurrence, Optica, Parisian Laundry
Du 10 septembre au 11 octobre

Deuxième d’une série de trois textes sur Le Mois de la Photo à Montréal.

Les photographies, vidéos et installation puisées dans l’actualité artistique par le commissaire Joan Fontcuberta œuvrent ensemble à composer la condition post-photographique. Le Mois de la Photo à Montréal expose une approche transversale des postures prises par les artistes face aux images d’aujourd’hui. À la lumière des stratégies utilisées par les artistes Roy Arden, Hans Eijkelboom, Dina Kelberman, Simon Menner, Erik Kessels, Joachim Schmid, l’appropriation de banques d’images occupe une place de choix et porte un regard neuf sur la post-photographie.

L’événement rassemble une série d’artistes au Pôle de Gaspé, aux prises avec la recension et l’inventaire. Manipulant la multiplicité d’images qui émergent des outils virtuels d’aujourd’hui, ils usent en premier lieu internet et ses moteurs de recherche. Roy Arden à Optica, Dina Kelberman au Centre Clark et Joachim Schmid à Occurrence mobilisent internet comme source et mode d’apparition des images, sans pour autant en généraliser l’usage. Plusieurs expositions procèdent à la classification de ces images trouvées, antérieures à l’ère numérique, révélant une strate d’existence photographique qui semble déjà lointaine.

Là où la post-photographie semblerait s’associer à un discours technologique au plus près de ce qui lui est contemporain, elle creuse étonnement une imagerie à rebours de son temps. Les images sont extraites d’archives amateurs et officielles. Erik Kessels à Occurrence exhibe des clichés vernaculaires d’inconnus tandis que Simon Menner à Optica fait ressurgir les dossiers secrets de la Stasi allemande. Kelberman crée des vidéos GIF à partir de scènes de Star Trek pour Doors, tandis que Hans Eijkelboom utilise la street photography pour composer une typologie de comportements et d’apparences de passants capturés à Birmingham.

La post-photographie de Fontcuberta procède aussi par rétroaction des images sur leur époque : elle conforte de la sorte une existence matérielle de celles-ci. Chez Occurrence, un présentoir offre des centaines de cartes postales (Kessels) et des livres compilés par thèmes présentent des clichés récurrents à la manière d’imagiers anthropologiques (Schmid) ; chez Optica, l’imagerie maintenue dans le carcan de dossiers policiers est désormais agrandie, ordonnée et minutieusement placée sur les murs pour intégrer une dimension esthétique et publique nouvelle. Dans la seconde salle du même centre, Arden emploie la vidéo où la vitesse et le son mènent l’inventaire vers une expérience sensible pour le spectateur qui ne saisira que partiellement les 28 144 images se succédant sur plus d’une heure trente.

Ces apparitions matérielles diverses, allant du livre à la carte postale en passant par le grand format et le diaporama vidéo, se refusent à une virtualisation totale de l’image. Elles amènent le spectateur à un rapport de fascination ambivalente face à ces inventaires qui s’incarnent sous différentes formes. Qu’elles soient une classification d’images personnelles numériques ou de diapositives, une séquence en cascade de sujets glanés sur le Web, les œuvres du Mois de la Photo à Montréal ont toutes en commun qu’elles sortent du cadre-écran et de leur simple existence technologique pour s’incarner dans le temps et le lieu de la galerie. La manipulation de l’image, participative chez Kessels – et une participation du spectateur plus sporadique chez Kelberman qui l’invite à naviguer lui-même dans la grille d’images – reste timide et principalement tournée vers l’observation. Il s’agit davantage d’un discours qui porte sur le comportement face à la démultiplication des images plutôt que sur leur nature. La dimension auratique semble perdurer dans la vision post-photographique de Fontcuberta à l’ère de sa reproductibilité virtuelle. Le potentiel critique et social de la photographie reste sous-jacent et les expositions se tournent moins vers la puissance de confrontation des images que vers leurs modes d’apparition artistique où la base de données a préséance.

Claire Moeder est commissaire, chroniqueuse d’exposition (ratsdeville, CIBL) et critique d’art (Spirale, esse arts + opinions, Ciel variable, Zone Occupée). Elle a contribué à des ouvrages consacrés à la photographie (Mois de la Photo à Montréal, Christian Marclay) et a conçu le coffret photographique Loin des yeux. Les Invisibles avec Le Cabinet (à paraître). Jeune commissaire, elle a obtenu la résidence du CALQ à l’Iscp (Brooklyn, 2013) et a conçu plusieurs expositions, notamment celle de l’artiste Sayeh Sarfaraz au Québec et à New York. En 2016, elle présentera deux expositions consacrées aux usages actuels de l’image.

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