L’architecture en soi et autres mythes postmodernistes, Centre canadien d’architecture, Montréal

95
2019
Centre canadien d'architecture
  • L'architecture en soi et autres mythes postmodernistes, vue d'exposition, Centre canadien d'architecture, Montréal, 2018. Photo : Sandra Larochelle
  • L'architecture en soi et autres mythes postmodernistes, vue d'exposition, Centre canadien d'architecture, Montréal, 2018. Photo : Sandra Larochelle
  • L'architecture en soi et autres mythes postmodernistes, vue d'exposition, Centre canadien d'architecture, Montréal, 2018. Photo : Sandra Larochelle
  • L'architecture en soi et autres mythes postmodernistes, vue d'exposition, Centre canadien d'architecture, Montréal, 2018. Photo : Sandra Larochelle
  • David Graham, Façade du Best Products Company Showroom de Langhorne par Venturi et Rauch, 1981. Photo : © David Graham

[In French]

L’architecture en soi et autres mythes postmodernistes
Centre canadien d’architecture, Montréal, du 7 novembre 2018 au 7 avril 2019

L’architecture en soi et autres mythes postmodernistes propose un survol de la nature hétérogène du postmodernisme architectural. La commissaire Sylvia Lavin articule cette critique formelle et stylistique du modernisme autour du mythe de l’architecture en soi qu’elle explique comme la reconnaissance d’une essence autonome et anhistorique de l’architecture autorisant un intérêt nouveau pour le détail et les particularités de sa réalité matérielle.

L’exposition retrace la fin du béton et du verre au profit des objets technologiques et médiatiques, signes du savoir et du renouvèlement de la profession. Le postmodernisme marque en effet l’essor d’une reconnaissance populaire et marchande pour les processus créatifs et le langage architectural. Les dessins, les maquettes et la documentation s’affirment comme les médiateurs des conditions de production de l’architecture et de la singularité de ses créateurs.

La création du Deutsches Architekturmuseum (1983) et du Centre canadien d’architecture (1979), comme l’extension du Museum of Modern Art conçue en 1984 par Cesare Pelli, incarnent un transfert des formes industrielles et immobilières traditionnelles vers les espaces culturels. Ces écrins monumentaux matérialisent l’identité des institutions qu’ils abritent, mais manifestent aussi une prise de position implicite du côté de l’art. La série de photographies de Clara Gutsche documentant en 1987 le chantier du CCA traduit cette attention pour l’architecture en soi et ses mécanismes. Les images noir et blanc captent les styles, les époques et leur amalgame postmoderne dans le nouveau bâtiment.

La sensibilité postmoderne s’exprime notamment par le dessin exploratoire dont les résultats débordent du papier jusqu’aux plans. Le « plan image » qui intègre la signature de l’architecte au bâtiment illustre particulièrement cette esthétique éclectique. Les panneaux de façade bleus miroitants de Pelli Clark Pelli (1975) de même que les motifs floraux de Venturi et Rauch (1973-1979) inscrivent dans la forme architecturale non seulement le design, mais aussi le sujet créateur.

La rupture fondamentale d’avec le modernisme signe le retour du corps dans le champ lexical architectural. On l’intègre comme motif de la Isuzu Space Station Children’s Plaza (1989) ou on humanise l’architecture comme dans l’aquarelle Flagrant Délit (1975) de Madelon Vriesendrop de sorte que la représentation du corps sert une prise de conscience du sujet humain dans l’environnement. Le premier consiste en une place inversée où n’est visible que la moitié inférieure des gens, végétaux et véhicules qui l’animent, alors que la seconde dépeint les buildings Empire State et Chrysler au lit donnant sur une vue anthropomorphique de Manhattan. Ces perspectives surréalistes s’allient aux propositions autrement ludiques, telle la maison unifamiliale Daisy House (1975-1978) de Stanley Tigerman dont la forme évoque les appareils génitaux féminin et masculin, pour rendre à l’architecture sa valeur politique. Le vocabulaire postmoderne intègre les réalités sexuelles et raciales éludées par la modernité et permet en ce sens une réflexion sur les spécificités humaines.

À l’entrée de la salle, le collage iconoclaste The Titanic (1978) réalisé par Tigerman montre le Crown Hall de Mies van der Rohe s’échouer dans le lac Michigan. Cette introduction ironique conclut aussi sur la persistance mythique du modernisme refusant de couler comme symbole postmoderne.

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