Laissez-vous parler d’amour par Les Impatients

Chapelle historique du Bon-Pasteur
  • Patrick Bernatchez, Étude pour vanité #4, 2014. Photo : permission de l’artiste et Les Impatients
  • Dominique Blain, Sans titre, 2014. Photo : permission de l’artiste et Les Impatients
  • Jean-Pierre Gauthier, Violon coupé en huit, morceau #8, 2014. Photo : permission de l’artiste et Les Impatients
  • Yannick Pouliot, Variation érotique II, 2014. Photo : permission de l’artiste et Les Impatients
  • Karen Tam, Pierced cobweb-gold, édition ½. Photo : permission de l’artiste et Les Impatients
  • Vue de l’exposition, Parle-moi d’amour, galerie de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, Montréal, 2014. Photo : © Catherine Barnabé, permission Les Impatients
  • Vue de l’exposition, Parle-moi d’amour, galerie de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, Montréal, 2014. Photo : © Catherine Barnabé, permission Les Impatients
  • Vue de l’exposition, Parle-moi d’amour, galerie de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, Montréal, 2014. Photo : © Catherine Barnabé, permission Les Impatients
  • Vue de l’exposition, Parle-moi d’amour, galerie de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, Montréal, 2014. Photo : © Catherine Barnabé, permission Les Impatients
  • Vue de l’exposition, Parle-moi d’amour, galerie de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, Montréal, 2014. Photo : © Catherine Barnabé, permission Les Impatients
  • Vue de l’exposition, Parle-moi d’amour, galerie de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, Montréal, 2014. Photo : © Catherine Barnabé, permission Les Impatients

[In French]

Laissez-vous parler d’amour par Les Impatients

La 17e édition de Parle-moi d'amour, l'exposition et l'encan silencieux des Impatients, se déroule à Montréal du 5 février au 18 mars 2015. Les profits serviront au maintien et au développement des activités de l'organisme qui, depuis 1992, se consacre à l'art-thérapie auprès des personnes atteintes de problèmes de santé mentale. Plus de 300 œuvres, réalisées par les participants des ateliers et par des artistes professionnels, sont déployées sur deux étages et dans plusieurs salles de la Chapelle historique du Bon-Pasteur. Ceux qui ont l'âme collectionneuse ou simplement curieuse auront de quoi se réjouir de cette exposition-encan qui a beaucoup à offrir.

Les Impatients, ce sont avant tout près de 450 participants qui fréquentent chaque semaine les ateliers d'art-thérapie dirigés par des art-thérapeutes et accompagnés par des bénévoles. Les Impatients c'est aussi un véritable lieu de rencontre que les habitués appellent affectueusement « La Maison » et où le public est convié à visiter l'exposition Parle-moi d'amour. Le vernissage et la soirée de clôture sont autant d'occasions pour converser avec les participants afin de mieux connaître leur expérience en art-thérapie. Il s'agit pour plusieurs de l'étincelle vitale qui leur permet de maintenir un équilibre, de briser l'isolement, de nouer de nouvelles amitiés, de rechercher leur image intérieure, de se consacrer à une activité stimulante et d'être reconnus pour les qualités qui leur sont propres. Les ateliers sont axés sur la démarche des individus afin d'accroitre, par des moyens artistiques, leur capacité de s'exprimer et leur confiance en eux. La force du processus tient dans l'action pérenne de l'organisme qui rend possible la participation volontaire sur plusieurs années contrairement à des interventions ponctuelles. Au fil du temps, la famille s'est agrandie et aujourd'hui des ateliers et expositions sont organisés dans d'autres lieux, tels que le Centre Wellington à Verdun, la Galerie d'art Desjardins à Drummondville et L'Échelon des Pays-d'en-Haut à Piedmont.

De nombreux artistes et collectionneurs s'unissent aux Impatients depuis plusieurs années en faisant le don d'une œuvre dans le cadre de Parle-moi d'amour. Cette 17e édition réunit près de 150 artistes qui contribuent généreusement à l'exposition-encan (1). La mobilisation du milieu de l'art contemporain est impressionnante. Par exemple, Patrick Bernatchez (Étude pour vanité #4, 2014) propose un dessin au graphite dont le rendu mouvementé d'un corps et la présence de corbeaux semblent suggérer le tourment de l'être. Quant au chimpanzé de Marc Séguin (Étude pour art, 2014), il est rapidement devenu une cible aux enchères lors du vernissage, en plus de retenir l'attention d'un public amusé. Karen Tam (Pierced cobweb-gold, édition 1/2)présente un flocon de dentelle découpé dans un papier de couleur or qui rappelle son installation Made in Britain (2). Une pancarte électorale de Kim Waldron (Indépendante, 2014) témoigne de l'action performative de l'artiste qui se présente comme candidate indépendante aux élections fédérales dans la circonscription de Papineau (3). Sous forme d'installation, Jean-Pierre Gauthier (Violon coupé en huit, morceau 38, 2014) a déposé sur un morceau de violon un câble USB qui contient le catalogue du projet « Orchestre à géométrie variable ». Dans l'œuvre de Dominique Blain (Sans titre, 2014), un personnage féminin, face à l'immensité d'un ciel étoilé, porte un enfant sur son dos et la planète Terre sur la tête à la manière d'un seau d'eau. Puis, un pochoir de Yannick Pouliot (Variation érotique II, 2014) rappelle la forme fusionnelle du corps et du mobilier, tout en évoquant ces taches abstraites et libres d'interprétation utilisées comme outil d'évaluation psychologique (Test de Rorschach).  

Il est primordial de souligner que la participation des artistes professionnels à cette exposition aide à développer reconnaissance et fierté chez Les Impatients. Aussi, une relation de nature inclusive est créée dans l'espace d'exposition entre les œuvres des artistes et celles des Impatients. Bien que le visiteur puisse s'amuser à reconnaître les œuvres réalisées par les artistes, la mise en exposition brouille les frontières et désamorce le réflexe de distinction. Cette approche incite à lâcher prise afin de simplement contempler les œuvres comme de multiples perceptions sur le monde sensible. Cet état d'ouverture participe à créer un espace sans crainte de jugement, condition essentielle en art-thérapie. Mentionnons également la collaboration spéciale des élèves de 4e année de l'École Jean-Leman de Candiac, ainsi que des élèves des 4e et 5secondaire de l'École Le Vitrail de Montréal. Ces derniers ont visité les ateliers des Impatients dans le but de démystifier les problèmes de santé mentale. En hommage à l'art-thérapie, ils ont ensuite créé une œuvre libre de toute consigne question de s'évader un moment du cadre académique. Sur un plan d'ensemble, l'exposition Parle-moi d'amour est composée d'un foisonnement de tableaux qui sont exposés « collés-collés », ainsi que de quelques sculptures de petite taille. Les formats varient, mais le carré revient souvent, ce qui contribue à la cohésion d'ensemble. De la figuration à l'abstraction, les thèmes représentés sont d'une grande diversité : oiseaux, personnages, paysages, couleurs vives, mots symboliques. Pour faire écho au livre d'or tout en le réinventant, une inscription sur un mur nous invite à laisser une trace de notre passage. Ainsi, des crayons sont disponibles afin de susciter la participation du visiteur qui est libre d'écrire ou de dessiner sur le mur. 

Tel que raconté de façon imagée par James Hyndman, porte-parole de l'organisme, Les Impatients sont des gens qui ont souvent été des patients, mais qui, en fréquentant les ateliers d'art-thérapie, sont devenus des Impatients. L'expression artistique les aide à se libérer des contraintes et à sublimer les difficultés que posent les problèmes de santé mentale. Nous sommes nombreux à sentir de façon viscérale que la création est un processus thérapeutique qui répond à l'impatience d'exister. Avec Parle-moi d'amour, Les Impatients nous rappellent que la santé mentale concerne tout le monde et suggèrent que cette énergie soit exprimée en laissant une trace juste là, maintenant. Que ce soit sur un canevas vierge, le mur vide d'une galerie ou la surface blanche de la neige, l'impatient représente aussi cette parcelle en chacun de nous qui s'avancera dans l'espace pour y tracer un cœur.

Parle-moi d'amour à Montréal

du 5 février au 18 mars 2015

Parle-moi d'amour à Drummondville

du 14 janvier au 17 février 2015

Parle-moi d'amour à Piedmont

du 29 janvier au 19 février 2015

Parle-moi d'amour au Centre Wellington

du 8 avril au 13 mai 2015

Pour les informations sur chacune des expositions : http://impatients.ca/activites/exposition-dans-la-galerie/

NOTES

(1) Les Impatients ont pu compter sur la participation des artistes suivants : Ed Pien, Stéphane Gilot, Sylvie Cotton, René Derouin, Sylvain Bouthillette, Doyon-Rivest, Michel Goulet, Alexis Lavoie, Ève K. Tremblay, Rober Racine, Sonia Haberstich, Karine Payette, Gabor Szilasi, Stéphane Larue, Myriam-Rose Massoud, François Lacasse, Éliane Excoffier, Martin Désilets, Étienne-Camille Charbonneau, Richard-Max Tremblay, Chih-Chien Wang, et bien d'autres.

(2) L'œuvre Made in Britain de Karen Tam est présentée du 17 janvier au 21 février 2015 à la Galerie Hugues Charbonneau : http://huguescharbonneau.com/

(3) Marie-Ève Charron, « Kim Waldron : La boucherie hier, la politique demain », Le Devoir, 27 septembre 2014, consulté en ligne : http://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/419482/kim-waldron-la-boucherie-hier-la-politique-demain

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