Kodomo No Kuni, Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, La Maréchalerie, Versailles, FRAC Grand Large – Hauts-de-France, Dunkerque

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2018
Micro Onde, La Maréchalerie, FRAC Grand Large – Hauts-de-France
  • Mitsuru Senda, Panel Tunnel, 1976, vue d'installation, Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, 2018. Photo : Aurélien Mole
  • Mitsuru Senda, Panel Tunnel, 1976, détail de l'installation, Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, 2018. Photo : Aurélien Mole
  • Kohei Sasahara, Sunny, 2016, vue d'installation, Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, 2018. Photo : Aurélien Mole
  • Le Gentil Garçon, Chronique du monde d’avant, 2013, Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, 2018. Photo : Aurélien Mole
  • Yusuké Y. Offhause, Asobiba Reactivated Memories, La Maréchalerie, Versailles, 2018. Photo : Nicolas Brasseur
  • Yusuké Y. Offhause, Asobiba Reactivated Memories, détail, La Maréchalerie, Versailles, 2018. Photo : Nicolas Brasseur
  • Vue d'installation, La Maréchalerie, Versailles, 2018. Photo : Nicolas Brasseur

[In French]

Kodomo No Kuni
Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, du 7 avril au 30 juin 2018
La Maréchalerie, Versailles, du 17 mai au 8 Juillet 2018
FRAC Grand Large – Hauts-de-France, Dunkerque, du 26 janvier au 24 mars 2019

Avec son titre emprunté à un célèbre parc pour enfants de Yokohama, l’exposition Kodomo No Kuni n’a à priori qu’un lointain rapport avec l’art. Et d’une certaine manière, c’est son sujet, une approche diffuse de la sculpture, de l’architecture, des formes et des couleurs, à travers le thème de l’enfance et de la place de la créativité dans l’éducation. Fruit des recherches du commissaire invité Vincent Romany, elle aborde en effet le rôle joué par les aires de jeux incroyablement imaginatives au Japon dans le rapport au monde et la vie ultérieure des enfants… qui sait, futurs artistes. Répartie dans un premier temps sur deux sites, l’exposition comporte deux volets distincts dont les sous-titres, « Enfance et aires de jeux au Japon » et « Mémoire et enfance au Japon », explicitent le contenu. Dans un second temps, le tout sera rassemblé au FRAC Grand Large – Hauts-de-France.

À Micro Onde, l’exposition est centrée sur l’architecture des aires de jeux, mettant en regard archives et créations. L’une des pièces est une structure multicolore conçue en 1976 par l’architecte et designer Mitsuru Senda, un véritable jeu que l’on regarde par le prisme esthétique de l’exposition comme une sculpture environnementale. Elle incarne ainsi l’un des principaux enjeux de la réflexion : pointer l’ambigüité de l’origine et du statut de certains objets, créés à des fins utiles tout en ressemblant à s’y méprendre à des œuvres d’art. Installée dans le hall, la pièce côtoie une documentation sur l’architecture à l’époque où les traumatismes de la guerre s’éloignant, le Japon se tourne vers son avenir et par conséquent vers ses enfants. Puis, des œuvres récentes ou produites pour l’exposition font écho à cette période. Par exemple, Le Gentil Garçon a réalisé un dispositif inspiré des Kamishibaï, des attractions ambulantes, petits théâtres de dessins animés avant l’heure, qu’un conteur présentait aux enfants dans la rue. À l’arrière d’un vélo (que l’artiste a déplacé ponctuellement en ville) est projeté un film qu’il a réalisé au Japon, à partir de scènes tournées avec un vrai conteur et de planches qui esquissent une histoire. Grâce à cette introduction aux Kamishibaï, on découvre un monde de créativité aux sources de l’art.

À la Maréchalerie, l’axe choisi est la distance de l’artiste avec son expérience enfantine, par le biais de la production d’une installation de Yusuké Y. Offhause. Sous la forme d’une grande structure métallique, comme celles de jeux d’escalade, elle est le support de petites sculptures en céramique par lesquelles l’artiste représente de mémoire les aires de jeux de son enfance. Étonnamment précises tant du point de vue des formes que des couleurs, ces céramiques composent une allégorie de la mémoire affective, dont chacun peut trouver un équivalent en son propre intérieur. Enfin, est projeté un film de 1956 de Susumi Hani sur l’éducation et l’expression des enfants par le dessin, film peu diffusé en Occident qui fait reconsidérer l’œuvre voisine, et même toute l’exposition, d’une manière touchante, rappelant combien l’attention accordée aux enfants, à leur vécu, à leurs émotions, est récente.

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