Hicham Berrada, Sol, Centre d'art Micro Onde | Paysages a circadiens, galerie kamel mennour

Centre d'art Micro Onde, galerie kamel mennour
  • Hicham Berrada, Sol, vue d'exposition, Centre d'art Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, 2015. Photo : Aurélien Mole, permission du Centre d'art Micro Onde
  • Hicham Berrada, Sol, vue d'exposition, Centre d'art Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, 2015. Photo : Aurélien Mole, permission du Centre d'art Micro Onde
  • Hicham Berrada, Sol, vue d'exposition, Centre d'art Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, 2015. Photo : Aurélien Mole, permission du Centre d'art Micro Onde
  • Hicham Berrada, Sol, vue d'exposition, Centre d'art Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, 2015. Photo : Aurélien Mole, permission du Centre d'art Micro Onde
  • Performance d'Hicham Berrada et Laurent Durupt, Centre d'art Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, 2015. Photo : Aurélien Mole, permission du Centre d'art Micro Onde
  • Performance d'Hicham Berrada et Laurent Durupt, Centre d'art Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, 2015. Photo : Aurélien Mole, permission du Centre d'art Micro Onde
  • Hicham Berrada, vue d'exposition, galerie kamel mennour, Paris, 2015. Photo : Fabrice Seixas, permission de l'artiste et de la galerie kamel mennour
  • Hicham Berrada, Celeste, 2014. Photo : Fabrice Seixas, permission de l'artiste et de la galerie kamel mennour
  • Hicham Berrada, Mesk-ellil, 2015. Photo : Fabrice Seixas, permission de l'artiste et de la galerie kamel mennour
  • Hicham Berrada, Mesk-ellil, détail, 2015. Photo : Hicham Berrada, permission de l'artiste et de la galerie kamel mennour

[In French]

Hicham Berrada
Sol, Centre d'art Micro Onde, Vélizy-Villacoublay, du 11 avril au 27 juin 2015
Paysages a circadiens, galerie kamel mennour, Paris, du 27 mars au 13 mai 2015

Le centre d’art de l’Onde et la galerie kamel mennour présentent simultanément deux premières expositions personnelles d’Hicham Berrada : Sol et Paysages a circadiens. Sol présente des vidéos et des aquariums plongés dans une semi-obscurité dans lesquels se développent des mondes qui nous échappent : précipités bleutés ou orangés éclatants, formations cotonneuses semi-organiques, pluie poudreuse se transformant en filaments. Ces vidéos (Présages) sont les résultats de performances-manipulations dans lesquelles l’artiste éprouve des réactions chimiques, fruits de protocoles expérimentaux construits patiemment. Elles montrent des paysages d’artificier, composés de fonds sous-marins ou de terres volcaniques imaginaires, dont les formes ou les couleurs vives apparaissent progressivement selon les réactions qui les produits, dans le milieu que l’artiste choisit, plus ou moins acide, visqueux ou chaud.

Les différents paysages créés ne le sont pas ex nihilo, Hicham Berrada aime partir d’une matière bien identifiée, bien localisée : des extraits de sols variés, des bétons réduits en poudre ou, plus singulièrement, des pâquerettes cueillies devant la Villa Médicis et dissoutes dans l’acide en composent la matière première. L’artiste réduit ces éléments en poudre par des opérations d’atomisation, de désintégration, afin de retrouver un terreau de base. À partir du béton par exemple, matériau de construction associé à l’urbain s’il en est, qu’on oublie dans sa composition naturelle, l’artiste établit un autre rapport à la nature. Comme une urgence à revenir à l’atome de base, à un élément premier, intouché par l’Homme. « La matière avec sa passivité sournoise, aussi vieille que l’univers, aussi solennelle et subtile que le Sphinx » disait Primo Levi à propos de son métier de chimiste dans Le Système périodique. Le rapport dialectique à la matière du chimiste novice est, comme il le rapportait encore, une partie à deux dont les adversaires sont inégaux. Hicham Berrada ne cherche pas l’absolue précision ou l’exactitude nécessaire aux sciences chimiques. Malgré son exigence scientifique — la méthode expérimentale nécessitant en amont beaucoup de travail d’observation, de validations, y compris avec des chercheurs, pour en améliorer le protocole —, la pratique d’Hicham Berrada est aussi surtout un jeu avec le hasard. La transformation de la matière réalisée en direct lors de performances publiques laisse la place aux incertitudes. Le titre des vidéos, Présages, place d’ailleurs l’artiste du côté de l’imaginaire et de la mantique, à la recherche de signes, peut-être divinatoires : artificiels alors qu’ils paraissent naturels ou naturels bien qu’ils semblent artificiels. Les deux ne se distinguent plus. Il aime citer Max Ernst à propos de la technique de frottage qui serait apte à exciter les qualités visionnaires, méditatives et hallucinatoires de l’esprit.

L’époque industrielle et post-industrielle nous a rendus méfiants face à une chimie ne pouvant être que pollueuse et dangereuse. Hicham Berrada nous démontre que celle-ci peut servir l’imaginaire. Il n’est chimiste que parce qu’il se veut créateur d’images et même d’abord peintre. Comme l’affirme par exemple Céleste, une performance consistant à colorer en bleu une fumée opaque, hommage non dissimulé à Yves Klein et à sa volonté de colorer les bombes atomiques ou encore la série Azur, une série d’images créées par la réaction du chlorure de Cobalt à la chaleur d’une résistance présentée chez kamel mennour. Plusieurs dimensions se côtoient toujours. Dans l’exposition Paysages a circadiens, l’artiste a créé les conditions essentielles pour inverser le cycle naturel de floraison de la Mesk-ellil (Cestrum Nocturnum), une plante qui ne fleurit naturellement que la nuit. La perception du milieu est toujours dans les travaux d’Hicham Berrada une perception du temps — comme lorsque les vidéos semblent ralenties alors qu’il ne s’agit que d’un effet de la viscosité des éléments. L’artiste s’affirme ainsi comme un grand régisseur d’énergies.

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