Galerie Simon Blais, Montréal, Louis-Philippe Côté et Jean-Sébastien Denis

92
2018
Galerie Simon Blais
  • Louis-Philippe Côté, Dérives et replis, exhibition view, Galerie Simon Blais, Montréal, 2017. Photo: Guy L’Heureux
  • Louis-Philippe Côté, Dérives et replis, exhibition view, Galerie Simon Blais, Montréal, 2017. Photo: Guy L’Heureux
  • Louis-Philippe Côté, Repli n° 3, 2017. Photo: Guy L’Heureux
  • Louis-Philippe Côté, Dérive n° 2; Dérive n° 5, 2017. Photos: Guy L’Heureux
  • Jean-Sébastien Denis, exhibition view, Galerie Simon Blais, Montréal, 2017. Photo: Guy L’Heureux
  • Jean-Sébastien Denis, exhibition view, Galerie Simon Blais, Montréal, 2017. Photo: Guy L’Heureux
  • Jean-Sébastien Denis, exhibition view, Galerie Simon Blais, Montréal, 2017. Photo: Guy L’Heureux
  • Jean-Sébastien Denis, Imbrication #17-06, 2017. Photo: Guy L’Heureux
  • Jean-Sébastien Denis, Imbrication #17-13, 2017. Photo: Guy L’Heureux

[In French]

Louis-Philippe Côté, Dérives et replis
Jean-Sébastien Denis, Extensions, décalages et propos ambigus sur la plasticité
Galerie Simon Blais, Montréal, du 18 octobre au 18 novembre 2017

Dérives et replis de Louis-Philippe Côté se présente comme un exercice de style autour de l’intrigant énoncé « sur un lac, deux jeunes filles dans un canot s’apprêtent à quitter la rive ». À la limite du voyeurisme, tapi entre les arbres, l’artiste impose un regard en retrait et furtif. Le trait expressif des toiles grand format de la série Dérive semble en effet saisir la scène sur le vif et initie un décalage important entre la représentation et sa matière. L’immédiateté de l’image se confronte à la lenteur d’exécution inhérente au médium et engage une réflexion sur l’inscription temporelle de l’acte pictural. La série marque un effet de durée là où la toile unique signe une vision hors du temps. La répétition du motif autorise en ce sens le déploiement de l’instant dans les temps disjoints de l’exécution et de la contemplation.

Cette exploration picturale de la scène apparente Dérives et replis à un récit en cours d’écriture. Les contrastes ou harmonies de ton incarnent ainsi les alternatives et louvoiements d’une même histoire, comme si chaque composition manifestait un champ lexical singulier et une nouvelle fin. Les pastels, les fluorescents, comme les couleurs primaires et les tons rompus, matérialisent le verbe de la peinture. Par sa décomposition du motif, le volet replis de la série approfondit justement cette dimension narrative. La manœuvre consiste en quelque sorte à un exercice de dissection du sujet et de l’objet de la peinture. Côté y analyse la scène et illustre, entre l’étude et la recherche, les modalités du parcours créateur. Dérives et replis pose en somme les jalons de la construction de la représentation. De l’énoncé à son étude picturale, les compositions de Côté offrent un regard original sur le dispositif narratif de l’image et les processus qui conduisent à sa réalisation.

Les constructions graphiques et « additives » de Jean-Sébastien Denis explorent sur papier Mylar une certaine matérialité de la peinture. Les abstractions géométriques et le geste dépersonnalisé permettent en effet à la matière picturale d’exprimer son potentiel sculptural. Appuyées sur un mariage de techniques confondant, les compositions épurées donnent lieu à des contrastes forts. Les chevauchements de méthodes et de matières génèrent en réalité d’étonnants effets de bas-relief insufflant aux traits anonymes une sensualité atypique.

Ces jeux de textures, de lustres et de couleurs affirment la complexité du médium plastique que Denis étend hors du cadre de la représentation par une scénographie intégrale de l’abstraction. Extensions, décalages et propos ambigus sur la plasticité s’empare de l’espace d’exposition dont il redessine aussi les limites via l’anamorphose. Le chaos apparent des dessins devient la forme structurante des lieux. Denis perce les murs et investit la collection d’art abstrait de la galerie d’une manière qui évoque les stratégies constructivistes d’art total. Les Tousignant et Molinari s’amalgament à son esthétique qui occupe tous les plans de la salle. L’espace entier sert ainsi une lecture intuitive et transhistorique de l’abstraction québécoise. Cette composition géométrique intégrée expose alors les conditions sensibles et historiques de sa perception et rapproche enfin le travail pictural de Denis de l’installation.

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