Galerie Leonard & Bina Ellen, Montréal, La vie mise au travail, Richard Ibghy et Marilou Lemmens

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2016
Galerie Leonard & Bina Ellen
  • Richard Ibghy et Marilou Lemmens, Diagrams Concerning the Representation of Human Time, détail, 2009. Photo : Paul Litherland, permission des artistes et de la Galerie Leonard & Bina Ellen
  • Richard Ibghy et Marilou Lemmens, The Many Ways to Get What You Want, vue d’installation, Galerie Leonard & Bina Ellen, Montréal, 2011-2016. Photo : Paul Litherland, permission des artistes et de la Galerie Leonard & Bina Ellen
  • Richard Ibghy et Marilou Lemmens, Visions of a Sleepless World, détail, 2014-2015. Photo : Paul Litherland, permission des artistes et de la Galerie Leonard & Bina Ellen
  • Richard Ibghy et Marilou Lemmens, Is there anything left to be done at all?, vue d’installation, Galerie Leonard & Bina Ellen, Montréal, 2014-2016. Photo : Paul Litherland, permission des artistes et de la Galerie Leonard & Bina Ellen
  • Richard Ibghy et Marilou Lemmens, Is there anything left to be done at all?, vue d’installation, Galerie Leonard & Bina Ellen, Montréal, 2014-2016. Photo : Paul Litherland, permission des artistes et de la Galerie Leonard & Bina Ellen
  • Richard Ibghy et Marilou Lemmens, Each Number Equals One Inhalation and One Exhalation, détail, 2016. Photo : Paul Litherland, permission des artistes et de la Galerie Leonard & Bina Ellen

[In French]

La vie mise au travail, Richard Ibghy et Marilou Lemmens
Galerie Leonard & Bina Ellen, Montréal, du 18 février au 16 avril 2016

La vie mise au travail de Richard Ibghy et Marilou Lemmens rassemble des œuvres réalisées par le duo canadien depuis 2009. Les artistes contestent l’influence de l’industrie et de ses savoirs sur la productivité humaine, qui est sans cesse sol¬licitée par l’idéologie néolibérale. L’exposition est organisée par la commissaire Véronique Leblanc.

Dans la salle principale, des sculptures de bois, de ficelle, de fil de fer et de plastique transparent coloré représentant en trois dimensions divers graphiques schématisant des résultats de recherche sur la productivité humaine sont disposées sur des tables. Each Number Equals One Inhalation and One Exhalation (2016) fait de ces représentations schématiques des compositions esthétiques, détournant par l’art l’évidence des résultats et l’impératif d’efficience qui les motive pour montrer ce que peut représenter une démarche de recherche indéterminée. The Many Ways to Get What You Want (2011-2016) manifeste encore plus clairement cette critique de la quête incessante de résultats. Un immense schéma de concepts – comme ceux présentés par des spécialistes en gestion – dispose sur trois murs divers comportements associés à la poursuite d’objectifs. Organisés selon les axes Know what you want et Know how to get it, ces conseils montrent avec ironie à quel point la réussite passe par une déresponsabilisation et une dépossession de soi, des capacités analytiques, relationnelles et éthiques inhérentes à l’être humain.

Parmi les œuvres vidéographiques de l’exposition, Is there anything left to be done at all ? (2014-2016) documente les expérimentations performatives et installatives menées par les deux artistes et quatre collaborateurs dans le cadre d’une résidence d’artiste à la Trinity Square Video. Plusieurs écrans présentent ici les artistes investis dans des démarches exploratoires sans finalité de formes, de rythmes et de sens. Cette transgression de la productivité, opérée davantage par la mise en évidence du processus que par l’absence de résultats, se lit comme une réponse à la critique formulée dans la salle précédente : l’art montre que la recherche peut s’affranchir de son impulsion aliénante et être considérée comme un résultat en soi.

Ainsi l’exposition présente d’un côté, une lecture critique des questions de productivité telles qu’abordées par l’industrie, de l’autre une tentative artistique d’explorer le désir d’agir lorsque l’obligation de produire n’existe plus. Cependant, loin d’antagoniser ces deux pôles de la recherche, les œuvres rassemblent ce que le positivisme scientifique a l’habitude d’opposer. Contrôle du corps, inscription du corps dans l’espace, rapports à la matière, représentations du savoir et travail collaboratif sont des enjeux soulevés par les deux approches, suggérant ainsi que seule leur rencontre peut parvenir à couvrir avec complétude l’expérience humaine dans ses dimensions physiques, cognitives et sensibles.

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