Voilà le printemps qui nous revient!

Le comité de rédaction

[in French]

Voilà le printemps qui nous revient! Après un hiver difficile à plus d’un point de vue, ce printemps sera-t-il porteur de changement? Il faut l’espérer. Le verglas est maintenant chose du passé, mais la situation socio-économique ne change guère. Il nous apparaît néanmoins important de revenir sur les événements consécutifs au verglas de janvier dernier. Sans tomber dans une auto-congratulation, il est toujours encourageant de constater que nous sommes encore capables, comme société et comme individus, de compassion, de sens commun face à l’impondérable. Durant toute cette période, nos divers représentants, élus et corporatistes, nous ont bien donné un spectacle à la mesure de nos médias, presque un téléroman par moments, mais au bout du compte, l’essentiel est que les gens ont su s’organiser pour s’entraider, se soutenir mutuellement, et ça, c’est toujours stimulant. Il ne reste plus qu’à appliquer cette énergie à un projet social à notre mesure. Ce ne sera pas une mince affaire! Face à l’urgence, nous trouvons les moyens, les ressources, le courage, mais pour un problème dont les répercussions s’échelonnent à long terme, avons-nous la volonté d’agir?

Dans l’éditorial du dernier numéro, nous soulignions l’amorce d’une réflexion que représentait la création du Rassemblement pour une alternative politique, survenue à Montréal, en novembre 1997, pour pallier à l’absence de choix devant les principales formations politiques québécoises, mais aussi pour contrer les effets de la globalisation au Québec. Noam Chomsky, dans son essai L’an 501 : la conquête continue, résume bien le genre de problème auquel nous sommes confrontés comme société. L’auteur démontre l’attitude américaine face à la mondialisation des économies nationales versus leurs intérêts. Dans ce contexte, «le rôle du Canada est de fournir des ressources, certains services et une main-d’œuvre qualifiée, alors [que celui-ci] est intégré de plus en plus en complément dans l’économie américaine : réduction des programmes sociaux, des droits des travailleurs et de l’indépendance culturelle [1]». Ces propos rejoignent les nôtres. Comme entité francophone, nous devons lutter sans relâche pour garder vivante notre spécificité culturelle; déjà que nous devons souvent le faire malgré l’indifférence, voire l’opposition de certains de nos concitoyens. Les déréglementations tous azimuts et les fusions supranationales sont rarement avantageuses pour la moyenne des gens. Alors, dans ce contexte, parler de culture...

Depuis l’automne, les membres du Rassemblement pour une alternative politique s’activent dans l’espoir d’attirer les adhésions dans les centres urbains, et également en région, car pour les membres, sans les régions, il ne peut être question d’une véritable alternative politique qui satisfasse les aspirations des gens d’ici. Ce printemps, soit en mars et avril, se dérouleront des colloques régionaux pour débattre des mesures qui devront être adoptées lors de l’assemblée de fondation, prévue pour le mois de mai. Avec des élections à l’horizon au Québec, Il faudra surveiller le rôle que se donnera ce rassemblement sur l’échiquier politique.

Par ailleurs, la démission du chef de l’opposition à Québec, Daniel Johnson, ne laisse présager rien de bon. Il ne s’était pas écoulé 24 heures que les spéculations allaient bon train. Tous les types de tractations seront employés pour que le PLQ remporte les prochaines élections et puisse exécuter avec plein pouvoir la sale besogne des Chrétien et Dion. Depuis le dernier référendum, rien ne va plus. Ce n’est que confrontation sur confrontation. Serait-ce trop espérer qu’un jour, toutes les factions puissent s’asseoir ensemble pour en discuter entre gens civilisés?

On remarquera de plus en plus dans ESSE une diversité de types de pratiques, et ce dans une diversité de lieux, autant au Québec qu’à l’extérieur. Cette caractéristique, encore plus évidente dans ce n° 34, est maintenant soulignée graphiquement par les titres de chroniques qui indiquent, dans la partie du haut, la discipline traitée, et dans celle du bas, le lieu d’origine et/ou de présentation. On retrouve dans la revue davantage d'articles qui traitent d’événements tenus en région ou d'artistes qui y vivent ou continuent à en être habités, alors que Montréal est presque devenue un lieu parmi d’autres. Peut-être est-ce une conséquence logique d’une attitude qui nous a poussés à nous intéresser à ce qui se passe en dehors, à décentrer notre point de vue. Cette caractéristique de la revue, qui s’ouvre à d’autres disciplines, est sans doute accentuée par l’ouverture qu’apporte le traitement des régions, où nous ne souhaitons pas nous cantonner uniquement au milieu des arts visuels, ce qui nous ferait passer à côté d’une part importante de la dynamique d’une région. C’est une évolution dans notre approche depuis le premier dossier de cette série.

Nos dossiers sur les régions du Québec sont notre contribution pour rapprocher les diverses composantes du pays et éviter que ne se creuse encore davantage l’écart entre Montréal et les régions, écart qui s'est agrandi tout particulièrement à la suite du dernier référendum. Le présent numéro comporte la seconde partie, ou Tome II, du DOSSIER de Johanne Chagnon consacré à la région de la Mauricie–Bois-Francs. Ainsi prend fin ce tour d’horizon d’une autre région du Québec. Vaste entreprise qui inclut plusieurs champs d'activité — arts visuels, littérature, théâtre, musique, édition... — traités en interaction les uns avec les autres. Il est surprenant de constater à quel point les gens ne saisissent pas le potentiel créateur de leurs concitoyens. En faisant mieux connaître les réalisations des gens d'ici — et la région Mauricie–Bois-Francs en est particulièrement riche —, nous aurons atteint le but visé par cette série de dossiers, et c'est là notre souhait le plus sincère, peut-être deviendrons-nous tous plus réceptifs et attentifs aux autres.

Avec sa verve habituelle, Véronique Bellemare Brière signe deux textes. Dans «La vidéo s’éclate!», elle donne un aperçu des nombreux événements concernant le cinéma et la vidéo tenus à Montréal l’automne dernier, comme quoi la métropole n’a pas connu qu’Orlan, ce phénomène médiatique. Le second texte de Véronique rappelle les grands moments du 16e Festival de cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, qui eut lieu à Rouyn en octobre. L’auteure s’attarde à de petits bijoux de courts et moyens métrages tels qu’il est difficile d’en visionner hors de ce type de festival.

Nathalie Gérard, une nouvelle collaboratrice de ESSE, décortique Multipliez-vous sur fond noir métal, une exposition de Ginette Déziel présentée l’automne dernier à la galerie Lilian Rodriguez, à Montréal. De Ginette Déziel, il a été question dans le DOSSIER du n° 29 sur la région de Lanaudière, préparé par Pauline Morier. L’artiste actualise ses recherches sur le thème de la collection, qui englobe maintenant le clonage.

Autre nouveau collaborateur, Jean Dumont n’en est pourtant pas à ses débuts, lui qui a publié plus de 600 textes sur les arts, touchant à presque tous les artistes du Québec. Il traite ici de la notion du territoire dans l’œuvre de l’Abitibienne Martine Deslauriers.

Jocelyn Fiset, pour sa part, repousse les frontières du territoire québécois, depuis Joliette jusqu’en Asie, en nous livrant ses impressions d’une manifestation de performance, dont les Ateliers convertibles se sont faits les hôtes et les co-organisateurs avec Le Lieu de Québec, en septembre.

Enfin, des échos nous sont venus de Holguín, à Cuba, au sujet de l’article de Bernard Mulaire, paru dans le n° 33, et portant sur des collaborations artistiques Québec-Cuba. Magalys Reyes Peña nous confie de façon émouvante ce que signifie pour elle l’autoportrait qu’elle pratique assidûment.

Sur ce, ¡buena lectura, estimados amigos! Y hasta luego.

NOTES :

1. Montréal, Éditions Écosociété / Bruxelles, Éditions EPO, 1994, p.115.

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