Vivre et travailler en sécurité et avec dignité

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Stella

[in French]

Depuis des dizaines d’années, les travailleuses et travailleurs du sexe organisés se sont mobilisés : non pour l’abolition du travail du sexe mais pour sa radicale transformation. Les personnes qui travaillent dans l’industrie du sexe se sont constituées en acteurs et actrices dans ce débat. Dorénavant, on ne discute plus seulement d’eux, on discute avec eux! Engagés dans une lutte plus large de respect des droits humains fondamentaux, ils revendiquent le droit à un travail non criminalisé.

Selon le code criminel canadien, le fait «d’offrir des services sexuels en échange d’argent» n’est pas illégal. Par contre, ce même code contrôle et criminalise :

• le fait de tenir ou de se trouver dans une maison de débauche (art. 210);
• le fait de mener ou de transporter quelqu’un vers une maison de débauche (art. 211);
• le fait d’induire une personne à se livrer à la prostitution ou de vivre entièrement ou en partie des fruits de la prostitution (art. 212);
• le fait de communiquer avec une autre personne, dans un endroit public, dans le but de se livrer à la prostitution (art. 213).

La décriminalisation du travail du sexe promue par les regroupements des travailleuses et travailleurs du sexe consiste à retirer ces articles de loi du code criminel et à appliquer les lois criminelles déjà existantes quant à la violence et aux abus ainsi que celles régissant les normes du travail et les règles commerciales. Concrètement, cela signifie que la personne qui pratique toute forme de travail du sexe devrait être considérée de la même façon que tous les travailleurs et membres de la société et qu’elle devrait avoir les mêmes droits et devoirs que ces derniers.

Il importe de percevoir le travail du sexe non pas comme un acte identitaire, une caractéristique sociale, légale ou psychologique des personnes qui le pratiquent mais comme une activité génératrice de revenu. L’état de non-légitimité du travail du sexe nuit à la capacité de celles et ceux qui le pratiquent de négocier les différents termes de leurs services (actes, tarifs et durée) et favorise l’exploitation, les abus et la discrimination en rendant ce travail invisible, méconnu et clandestin. Décriminaliser le travail du sexe pratiqué entre adultes consentants permettra de combattre la violence, les injustices et toutes formes d’abus et de coercition.

Comprendre le discours des travailleuses et travailleurs du sexe, soutenir ceux-ci, c’est commencer à changer le regard que l’on porte sur le travail du sexe en mettant en lumière ses dimensions d’activité économique, et les enjeux quant aux droits et libertés de la personne et quant aux préjugés.

www.chezstella.org
www.walnet.org
www.iusw.org
www.nswp.org
www.cybersolidaires.org/actus/sexe.html

NOTES
Mis sur pied en 1995, Stella est un organisme communautaire géré majoritairement par des travailleuses et des ex-travailleuses du sexe. L’organisme a pour mandat d’améliorer les conditions de vie et de travail des personnes qui s’identifient comme femmes dans l’industrie du sexe en leur offrant soutien et information et en leur fournissant des outils afin qu’elles puissent travailler en sécurité et avec dignité. Stella réalise également ses objectifs en sensibilisant et en éduquant le public et les intervenants aux réalités du travail du sexe, en promouvant sa décriminalisation et en combattant la discrimination.

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