Montréal - Usine C, Manon de Pauw, La matière ordinaire

81
2014
Montréal - Usine C
  • Manon De Pauw, La matière ordinaire, Usine C, 2014. Photo : permission de l’artiste
  • Manon De Pauw, La matière ordinaire, Usine C, 2014. Photo : permission de l’artiste
  • Manon De Pauw, La matière ordinaire, Usine C, 2014. Photo : permission de l’artiste
  • Manon De Pauw, La matière ordinaire, Usine C, 2014. Photo : permission de l’artiste
  • Manon De Pauw, La matière ordinaire, Usine C, 2014. Photo : permission de l’artiste
  • Manon De Pauw, La matière ordinaire, Usine C, 2014. Photo : permission de l’artiste

[In French]

Manon De Pauw, La matière ordinaire
Montréal, Festival Temps d’images, Usine C, les 4 et 5 avril 2014

Les réalisations de la Montréalaise Manon De Pauw sont tout sauf ordinaires. Depuis plus de dix ans, l’artiste incorpore la vidéo, l’installation, la photographie et la performance pour créer, avec des moyens somme toute modestes, des objets qui enchantent tout autant qu’ils font preuve d’innovation. Dotées d’une théâtralité manifeste, ses œuvres appellent la scène, elles réclament une rencontre avec les corps et les sons.

En 2008, à l’Agora de la danse, à l’occasion du Festival TransAmériques, arrive ce qui devait arriver : la créatrice croise le fer avec la chorégraphe Danièle Desnoyers et l’artiste sonore Nancy Tobin pour donner naissance à un spectacle intitulé Là où je vis. Les images et les ombres produites en direct par De Pauw entretiennent un dialogue des plus fertiles avec la danse et la musique. Non seulement le langage de l’artiste apparait dans toute sa richesse et sa cohérence, il emprunte également des avenues inédites.

En avril dernier, à l’Usine C, à l’occasion du Festival Temps d’images, De Pauw a pour ainsi dire prolongé le travail entrepris en 2008, notamment en retrouvant Pierre-Marc Ouellette, qui tient dans La matière ordinaire les rôles de danseur, performeur et chorégraphe, mais aussi en invitant à la rejoindre sur scène cinq choristes dirigés par André Pappathomas. Le fruit de cette rencontre est tout bonnement fascinant : cinquante minutes hypnotiques, humoristiques et parfois même mystiques.

S’il est une dialectique récurrente dans le travail de Manon De Pauw, c’est bien celle qui relie le micro au macro, le plus petit au plus grand, le banal au magique, l’ordinaire à l’extraordinaire. Sa nouvelle création, ni plus ni moins qu’un hommage à l’immensité de l’univers, n’échappe pas à la règle. En prolongeant son irrésistible esthétique low tech, en employant de manière fort imaginative le papier, le tissu et la lumière, sans oublier la voix humaine, l’artiste fait naitre des merveilles d’incandescence, des voies lactées, des lucioles furieuses, des nébuleuses agitées et des flammes infernales.

On peut lire dans le programme que la représentation est à considérer comme une suite « d’intrigues visuelles qui s’élaborent et se dénouent sous le regard du spectateur ». Voilà qui est tout à fait juste. C’est captivé qu’on écoute et observe cet oratorio. Il y a les chants des hommes et ceux des animaux. Le souverain mouvement des astres. Au final, quand les corps des danseurs vêtus de matières réfléchissantes donnent à voir les flamboyances du Big Bang, on retient littéralement son souffle.

Avec La matière ordinaire, Manon De Pauw procède en quelque sorte à une vulgarisation de l’insondable. Elle nous invite à apprivoiser l’infini, à épouser son caractère vertigineux, sa portée philosophique, sa beauté terrifiante et sublime.

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