Montréal - Usine C, Le iShow

78
2013
Montréal
  • Les Petites Cellules Chaudes, Le iShow, 2013. Photo : Dimitrios Touloumis

[In French]

Le iShow
Les Petites Cellules Chaudes, Usine C, Montréal, du 21 au 23 février 2013

Après avoir beaucoup alimenté les artistes visuels, les us et coutumes d’Internet commencent à servir d’inspiration aux gens de théâtre. Seulement au Québec, du Dom Juan_uncensored de Marc Beaupré au Nom de domaine d’Olivier Choinière, en passant par les Cinq visages pour Camille Brunelle de Guillaume Corbeil, on constate que les méandres de la Toile apparaissent de plus en plus en filigrane dans les œuvres. Il arrive même que les rapports induits par le Web aient une influence éloquente sur le fond et la forme.

Les Petites Cellules Chaudes, un collectif formé de quinze artistes provenant de diverses villes canadiennes, ont choisi d’explorer le vaste et épineux concept de rencontre à l’ère des 1001 médias sociaux. Créé aux Écuries à l’occasion du OFFTA 2012, leur iShow était présenté à nouveau, cette fois à l’Usine C, en février dernier. Sur scène, pour tout décor, des chaises, des tables alignées, quelques lampes et, bien entendu, une multitude d’ordinateurs portables. Au-dessus du plateau, un grand écran panoramique renvoie des images tirées d’Internet, le plus souvent en direct.

La force de cet objet scénique incomparable est d’aller au bout d’une idée aussi simple que vertigineuse. Est-il possible de créer un spectacle en ne s’appuyant que sur des matériaux fournis par Internet ? Quand il s’agit de trouver des images et des sons, des mots et des idées, du comique et du tragique, et même quelques mythes pas piqués des vers, le Web est une mine d’or. Il y a dans les entrailles de YouTube, Facebook, Instagram et autres Twitter, du grand et du petit, du métaphysique et de l’anecdotique, du sublime et du grotesque. C’est précisément à tout cela que Le iShow rend justice.

La représentation met en scène la confusion croissante entre le privé et le public. Peut-être plus que de sexualité, c’est de voyeurisme et d’exhibitionnisme qu’il est question. La solitude et ses ravages occupent également une place de choix dans ce portrait troublant. On rit de bon cœur tandis que sont recréées sous nos yeux des vidéos dites virales ou encore quand les statuts Facebook de certains spectateurs sont déclamés. On ne rit plus du tout au moment où sont évoqués la tuerie d’Utoya ou les actes commis par Luka Rocco Magnotta.

Les tableaux les plus percutants sont ceux qui composent avec l’imprévu, le plus souvent en s’appuyant sur une utilisation audacieuse de Chatroulette. On mesure alors l’ampleur de la misère affective et sexuelle qui règne sur ce réseau. Heureusement, certains échanges nous donnent aussi des raisons d’espérer, car ils dégagent suffisamment de bienveillance pour qu’on recommence, ne serait-ce que momentanément, à croire à cette utopie selon laquelle Internet ferait tomber les frontières.

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