Paris – Galerie Michel Rein

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Paris–Galerie Michel Rein

[in French]

Michael Riedel
Galerie Michel Rein, Paris,
du 16 octobre 2010 au 20 novembre 2010

Pour sa première exposition monographique en France, Michael Riedel nous invite à découvrir une sélection de ses posters : des panneaux recouverts de blocs de texte difficilement lisibles, parfois renversés, accompagnés de codes destinés à l’impression, avec pour surface d’accrochage un papier peint sur lequel le nom de la galerie qui l’expose apparaît de façon répétée et insistante. À d’autres endroits ce sont quelques noms – David Zwirner, John Cage, Art Basel, etc. – qui émergent d’une composition graphique en noir et blanc accompagnée d’une retranscription audio.
Parallèlement à ses travaux de duplication et de re-présentation de lieux ou d’expositions, menés comme une expérimentation systématique durant les années 2000 à la Oskar‑von‑Miller Strasse 16, à Francfort, Riedel produit des objets graphiques, nommés « posters », à partir de retranscriptions de textes de critiques, de commissaires ou de galeristes sur son travail ou celui des autres. Le choix du terme « poster » associé aux textes souvent plus visibles que lisibles pourrait donner à cette production un caractère plus décoratif que sémantique. C’est plutôt du décorum qui entoure habituellement toute œuvre d’art contemporain dont il s’empare, pour le transposer sur un support qu’il conçoit et qu’il maîtrise. S’il y a chez lui une logique appropriationniste, elle réside dans le fait de s’inscrire dans le système qui produit et expose les œuvres. Pour pallier les récupérations ou détournements abusifs des écrits ou propos externes à leur production, certains artistes cherchent à contrôler autant que possible ce qui pourrait être dit de leur travail ; Riedel, au contraire, réinvestit cette production d’information externe, voire la suscite, pour en faire le centre de son travail. Lorsqu’il remanie les textes ou les discours le concernant directement, dans une tautologie presque parfaite, Riedel devance en quelque sorte ce système et court-circuite les luttes d’autorités qui s’installent entre les propos des commissaires, des artistes, des critiques et des marchands. Dès lors, il n’est plus possible de dire qui a dit quoi. On ne peut certes pas s’empêcher d’y voir une connivence et une certaine circularité, notamment lorsque l’artiste expose littéralement le nom du galeriste ou lorsqu’il publie un catalogue – en tous points semblable à Artforum – ayant pour titre le nom d’un collectionneur qui le soutient. Il participe assurément de l’inflation des discours et de la spéculation intellectuelle. Cependant, les questions du report ou de l’écho qui lui sont chères visent à créer une distance. Il faut lire son travail avant tout comme un acte de rectification. C’est le format qui l’intéresse et l’affichage dans sa dimension ostentatoire. Il y aurait long à dire sur ce que Riedel souligne en définitive : la tendance actuelle à réduire le format de l’exposition à un affichage d’éléments externes à la production de l’artiste, occultant du même coup tout travail artistique.

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