Toronto – The Power Plant

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Power Plant

[in French]

The Power Plant, Toronto, du 7 juin au 1er septembre 2008

L’exposition collective Not Quite How I Remember It, dirigée par Helena Reckitt, présente une sélection d’œuvres conçues par Diane Borsato, Gerard Byrne, Nancy Davenport, Félix Gmelin, Sharon Hayes, Mary Kelly, Nestor Kruger, Michael Maranda, Olivia Plender, Walid Raad, Dario Robleto, Michael Stevenson, Kelley Walker et Lee Walton. Unissant des tableaux, des photographies, des installations vidéo, la projection de diapositives, ainsi que des sculptures, des maquettes et des interprétations sur place par des acteurs, l’exposition incite le visiteur à entreprendre une réflexion critique sur les modalités de la mémoire en tant que filtre à la fois sauvegardant et déformant du passé, ainsi que sur l’ombre que celui-ci projette sur notre réalité contemporaine. D’une part, la mise en évidence de techniques hétérogènes telles que le mixage, l’échantillonnage et le montage exprime un éloignement ironique et méfiant face à l’acte de remémoration fidèle ; d’autre part, en tant que forme créative d’appropriation du passé, cette stratégie formelle suscite un engagement politique de la part du visiteur. L’exposition nous suggère donc le rôle d’agent actif, de celui qui participe à la production historique ainsi qu’à la construction de la réalité actuelle.
Grâce à la citation et la reconfiguration de moments historiques effectuées par l’acte de transposition, plusieurs des dispositifs communiquent une interrogation souvent acérée mais parfois ambivalente des projets utopiques du 20e siècle. L’installation vidéo 1984 and Beyond (2005-07) de Byrne souligne avec humour le côté absurde et forcément « masculin » des prévisions de l’avenir faites par de grands écrivains de science-fiction en 1963. En juxtaposant la massivité oppressive et sombre des structures brutalistes que l’on retrouve sur plusieurs campus nord-américains avec un élément contrastant, la série photographique Campus de Davenport récupère l’idéalisme naissant de ce style d’architecture moderne. De la même manière, Black Star Press (2007), une sérigraphie sur toile de Kelley Walker, paraît revendiquer le projet émancipatoire du mouvement de libération des Noirs aux États-Unis. En citant des tableaux de Warhol ou la marque Coca-Cola et en reproduisant à l’envers une des images iconiques des émeutes raciales introduites par Martin Luther King, son tableau signale le danger de l’apathie morale et politique engendrée par le capitalisme. Le projet émouvant Tools and Grammar (2007) de Gmelin effectue un parcours parallèle en explorant les aspects méprisables et tragiques d’une vision utopique : le fascisme esthétique des Nazis. Enfin, quelque chose de « féminin » s’insinue dans l’exposition, soit par le procédé artistique adopté par certains artistes de désigner explicitement leurs devanciers ou, sur le plan thématique, par l’élaboration visuelle d’une généalogie matrilinéaire (Robleto) ainsi que par une remise en question de l’avenir du féminisme (Kelly).

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