AXENÉO7, Gatineau, L'origine d'un mouvement, Manon Labrecque

85
2015
AXENÉO7
  • Manon Labrecque, Touchée, 2015. Photo : Rémi Thériault
  • Manon Labrecque, Touchée, 2015. Photo : © Manon Labrecque
  • Manon Labrecque, Dessous ma chair rouge, 2015. Photo : © Manon Labrecque
  • Manon Labrecque, Moulin à prières, 2015. Photo : © Manon Labrecque
  • Manon Labrecque, Moulin à prières, 2015. Photo : © Manon Labrecque
  • Manon Labrecque, Apprentissage, 2015. Photo : Rémi Thériault
  • Manon Labrecque, Les uns, 2008-2015. Photo : Rémi Thériault

[In French]

Manon Labrecque, L’origine d’un mouvement
AXENÉO7, Gatineau, du 1er avril au 2 mai 2015

L’exposition L’origine d’un mouvement réunit cinq œuvres récentes de l’artiste multidisciplinaire Manon Labrecque, qui poursuit son exploration du mouvement, du corps et de ses affects. Le spectateur traverse une boucle à l’atmosphère évolutive, passant, comme le décrit la commissaire Nicole Gingras, de la salle de l’ombre à celle de la lumière, puis à celle de la trace.

Dans un premier espace, des installations vidéos marquent une ambiance à la fois apaisante et inquiétante. Projection en mouvement sur un contour dessiné, Apprentissage étudie la lente migration du corps hors de sa silhouette. L’ombre, intime et étrangère, celle qui définit autant qu’elle déforme, tel un double indissociable et pourtant distinct; le rapport ambigu à «l’autre» réfère avant tout à une réconciliation avec soi-même, comme l’évoque aussi Touchée. L’artiste, concentrée, les yeux clos, la tête en suspens, les bras tendus vers ses empreintes, cherche cet équilibre sensoriel, cette rencontre des tensions internes et externes du corps dans une synthèse pulsionnelle. Abordant une intimité plus vulnérable, Dessous ma chair rouge confronte deux visages, l’un au regard fuyant et l’autre se couvrant la bouche, traduisant un sentiment entre la honte et la crainte. L’installation Moulin à prières offre une chorégraphie machinique vertigineuse. Au passage du spectateur, la salle, tout d’abord plongée dans la pénombre, est envahie d’animations séquentielles présentant une femme cachant sa figure, ouvrant ses mains, puis tombant à la renverse. La clarté des projections dévoile les sculptures cinétiques à leur source, dont les dispositifs électromécaniques simples s’actionnent tour à tour dans un dialogue étrangement fluide. Par leur déclenchement autonome, leur matérialité organique et leur rythmique continue, ces «mécanismes de réanimation de l’image», ainsi qualifiés par l’artiste, témoignent d’un travail réflexif de construction et soulèvent un caractère analogue entre le corps et la machine. Dans un silence lumineux, Les uns occupent la dernière pièce. Déposés sur des chevalets, les imposants dessins réalisés à l’aveugle présentent des personnages fragiles mais vibrants, habités d’une touchante corporalité; une relation au mouvement cette fois marquée par le dédoublement et la spontanéité du trait.

Le déplacement du corps lui confère un nouvel état constant; du geste à la trace, du souvenir à la fiction, le halo du référent n’est qu’éphémère. Une fois de plus, Manon Labrecque réhabilite le corps en mouvement, transposant admirablement les notions de présence et de mémoire dans des œuvres d’une sobre sensibilité.

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