Publication | ATSA : quand l’art passe à l’action

66
2013

[In French]

ATSA : quand l’art passe à l’action / ATSA When Art Takes Action
Montréal, Action Terroriste Socialement acceptable, 2008, 143 p.

Après les revues et certains centres d’artistes, c’est au tour de l’ATSA de prendre en charge la publication de l’ouvrage qui retrace son histoire, son travail esthétique et son engagement, afin de commémorer ses dix ans de carrière. Coordonné par Sonia Pelletier, ce livre bilingue d’une belle conception graphique relève admirablement le double défi de présenter une rétrospective du travail du collectif et de poursuivre son entreprise de relayeur d’informations.

La publication s’ouvre sur un entretien de Pelletier avec les deux fondateurs de l’ATSA, Pierre Allard et Annie Roy, qui décrivent leur démarche et les ambitions du collectif. Ils rappellent clairement que le fait de créer et de vouloir changer le monde dans un même geste peut être certes stimulant, mais pose souvent problème quant à la réception du travail. Dans un des moments lumineux de l’entrevue, Allard et Roy défendent leur pratique engagée, un « art de brousse », en faisant remarquer qu’un médecin pratiquant une médecine engagée, tel un Médecin Sans Frontières, ne cesse pas d’être médecin. Pourquoi devrait-il en être autrement des artistes ? Voilà qui s’appelle remettre les pendules à l’heure.

Le texte du sociologue de l’art Guy Sioui Durand, qui pose « un regard sociologique critique sur l’évolution socio-artistique de l’ATSA », vaut lui aussi le détour. Cherchant à montrer comment s’est développée la pratique d’art engagé de l’ATSA, l’auteur décrit et analyse les œuvres importantes pour en souligner la spécificité, mais aussi les transformations, comme dans le cas de l’intervention État d’urgence qui est devenue une véritable opération « manifestive ». Pour Sioui Durand, il est clair que « l’activisme contextuel de l’ATSA », aussi bien politique que social, qui leur permet d’intervenir sur un large registre, appartient à cette catégorie des pratiques artistiques qui se constituent en « forme de vie », selon l’expression de Nicolas Bourriaud.

Si on excepte le texte de Patrice Loubier sur Les murs du feu, déjà paru dans esse, un texte qui conserve toute sa pertinence, les autres contributions prennent plutôt les interventions du collectif comme prétextes à un nouvel effort de conscientisation sur la surconsommation, le monde urbain, l’écologie ou la géopolitique. En laissant la parole à des personnalités reconnues pour la pertinence de leurs propos dans leur domaine respectif – on retrouve des textes de Sami Aoun, Steven Guilbeault, Louis Hamelin, Laure Waridel, Patrick Beauduin, Dinu Bumbaru, Louis Jacob, Jean Lemire –, l’Atsa reproduit dans l’ouvrage une des forces de sa pratique, soit de se faire passeurs d’un savoir essentiel à une prise de conscience éclairée, afin de permettre l’avènement d’un monde plus juste et plus responsable. Une façon de dire que leur engagement n’est jamais une affaire superficielle ou une question d’image.  

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