Dossier : Pratiques urbaines ou art universel issu d'un contexte urbain

[Extract in French]

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[ De l'humanitaire ]

L'ATSA s'est surtout fait connaître par ses interventions à incidences communautaire et humanitaire. Les événements les plus connus et médiatisés furent les éditions d'État d'urgence (1997–1998), lors desquelles les deux artistes ont prêté secours à tous les démunis et sans–abri de la métropole dont les conditions, pendant l'hiver, sont inhumaines. Devant des situations sociales aussi aberrantes, on peut très bien comprendre pourquoi les riches passent leur hiver en Floride! La première intervention eut lieu le 17 décembre 1997 et consistait à mettre en place – illégalement (les demandes de permission étant lourdes, et fastidieuses les attentes) un guichet automatique de la Banque à Bas devant le Musée d'art contemporain de Montréal. Il s'agissait d'une sculpture fabriquée à partir de cuisinières. On ne pouvait trouver de plus gros emblème pour signifier un manque de chaleur. Appuyé par les médias et la Old Brewery Mission, l'opération a permis à plus de 400 personnes de venir donner ou prendre des bas de laine et partager une soupe populaire. L'ATSA a finalement obtenu le droit d'occuper les lieux pendant deux mois pour poursuivre sa mission humanitaire qui s'est clôturée dans la Rotonde du Musée d'art contemporain. Spectacle et nourriture ont été offerts aux gens de la rue ainsi qu'une visite gratuite de l'exposition en cours.

Teinté du 50e anniversaire de la Déclaration des droits de l'homme, le second État d'urgence (1998) s'est révélé un franc succès. Ayant réussi à convaincre les Forces armées canadiennes de dresser un camp devant la Place des arts, l'ATSA a siégé cette année là pendant cinq jours. Statistiquement, 500 personnes ont bénéficié de tentes chauffées; 3 200 repas ont été donnés et, issus de la Banque des Bas, des vêtements chauds pour une valeur de 25 000 $ ont été distribués. Cette mise en place symbolisait la situation mondiale des camps de réfugiés dans le monde. "En décrétant l'État d'urgence, nous avons créé une terre d'accueil en plein centre–ville de Montréal. Un lieu où tous pouvaient échanger indépendamment de leur statut social ou de leurs opinions. Nous avons reproduit une microsociété dans la grande. Nous pouvions dormir, manger, nous impliquer et nous divertir au camp qui est devenu un lieu très vivant que les gens de la rue ont adopté [7]." Une sorte de lieu éphémère et de possibles lequel, pour un certain temps, a permis de réfléchir et de rêver de changements : voilà bien une action louable.

Leur méthode d'approche et de sensibilisation est non seulement efficace, elle est bénéfique. Leurs interventions vont au–delà du système de l'art. Ce sont des artistes qui assument leur privilège dans la société. Celui d'une certaine disponibilité de par leur fonction sociale. Ils définissent ainsi leur collectif : "L'ATSA prône une vision non hermétique active et responsable de l'artiste comme individu prenant part au développement de la société [8]". Jusqu'ici, leurs gestes se sont essentiellement posés dans l'environnement urbain tel que prescrit dans leur politique artistique : "Nous avons décidé de créer des interventions urbaines qui questionnent, rassemblent et mobilisent la communauté. Nos événements, sortes de mises en scène réalistes, viennent transformer et questionner le paysage urbain. La population en devient la principale actrice et l'oeuvre prend vie et corps avec sa participation [9]."

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NOTES :

7. Pierre Allard, Annie Roy, "Historique", http: // www.cam. org/~atsa/historique. htm.
8. Ibid.
9. Ibid.

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