Dossier : La vidéo combative des années 70

[Extract in French]

La vidéo du Québec n'a jamais parlé directement du 15 novembre 1976 ni du référendum de 1980. Elle se situe ailleurs, dans un espace où la résistance symbolique se trouve un refuge en marge du système, comme une fenêtre sur la cour intérieure des choses [1].

La vidéo d'auteur, tant au Québec qu'au Canada, est née à la fin des années 1960 dans les grands centres urbains, à travers un réseau de distribution indépendant des institutions (revues parallèles, centres autogérés, etc.). Au Québec, celle-ci fut marquée par la création de Vidéographe, un centre de production, de distribution et de diffusion vidéo qui a contribué, avec d'autres lieux de création, tels que Vidéo-Véhicule (PRIM), Coop Vidéo, Vidéo Femmes, Groupe d'intervention vidéo, à cautionner tant le médium que les pratiques alternatives qui s'y rattachaient. Encouragée par le vent contre-culturel et de liberté qui soufflait sur l'époque, la vidéo était considérée comme un instrument de changement et d'affirmation identitaire mais, également, comme un outil de propagande ancré dans le rôle formateur des individus qui ont utilisé le médium à des fins multiples.

En regardant cette décennie de plus près, on remarque que le Québec a été le théâtre d'une vaste appropriation du réel. Le mouvement idéologique et esthétique important amorcé au milieu des années 1960, auquel participeront les vidéastes indépendants, repensera le statut social de l'art et la relation entre la science et la technique. De nombreuses productions vidéographiques québécoises mettent en scène des sujets qui deviennent récurrents par leur urgence : les luttes syndicalistes; le pacifisme et l'émergence d'une conscience écologique; les conditions de travail des ouvriers; les portraits d'hommes politiques; l'implantation du réseau éducatif et des garderies; la gérance des coopératives d'habitation en milieu urbain; les débats sur la question nationale; l'oppression idéologique des pays sous-développés; la vie en commune; le mouvement hippie…

[…]

NOTES :

1. Claude Forget, Un animal sauvage (la vidéo) : traversées du discours et mémoires volées. Les dix premières années du Vidéographe. 1971-1981, feuillet d'exposition, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, du 6 décembre 1990 au 20 janvier 1991.

Subscribe to the Newsletter

 Retrouvez nous sur Twitter !Retrouvez nous sur Facebook !Retrouvez nous sur Instagram !

Publications



Archives


Features



Shop



Auction


Information



Contact

esse arts + opinions

Postal address
C.P. 47549,
Comptoir Plateau Mont-Royal
Montréal (Québec) Canada
H2H 2S8

Office address
2025 rue Parthenais, bureau 321
Montréal (Québec)
Canada H2K 3T2

E. : revue@esse.ca
T. : 1 514-521-8597
F. : 1 514-521-8598