Dossier : Éloge du grain de sel – Les Systèmes d’Échange Local (SEL) en France

[Extract in French]

Dans les années 1990, d’étranges petites fleurs ont germé sur le terreau fertile des sociétés civiles de différents pays du monde. Comme ces herbes que les jardiniers qualifient de «mauvaises», elles se sont rapidement propagées en Grande-Bretagne, puis aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne, en Belgique, en France, en Italie pour atteindre les territoires de l’Est européen. Les Systèmes d’Echange Local (SEL), Local Exchange and Trading System (LETS), Tauchring, etc., ont commencé à faire parler d’eux. Les soubresauts de l’actualité internationale ont mis en lumière l’existence d’associations d’échange semblables en Argentine (le «Trueco», qui assure la subsistance de milliers de personnes alors que l’économie nationale s’effondre); des regards affûtés les découvriraient, avec des modalités différentes, au Mexique («L’autre Bourse des Valeurs»), en Australie, aux États-Unis («Dollar d’Ithaca»), etc.

S’il fallait repérer un acte originaire, on mentionnerait les expériences menées à partir des années 1970 à Vancouver et dans l’île de Vancouver, puis l'expérience du «Dollar Vert» (toujours à Vancouver) de Michael Linton, une des figures importantes des Local Exchange Trading Systems (LETS). Les SEL prendront pied sur le territoire français grâce à des réseaux écologistes. C’est notamment la conférence de Richard Knight lors d’une rencontre d’un Centre de réflexion et de pratiques pour une alternative au développement (CIEPAD) qui lance l’idée dans le Sud de la France. Pratiquement au même moment, des militants écologistes lyonnais prennent connaissance des expériences des LETS aux Pays-Bas lors de rencontres et de manifestations en Pologne et à Berlin. Au cours de la même période, un SEL se monte dans la banlieue parisienne. Différents réseaux de promotion de l’écologie, d’économie alternative vont ensuite assurer l’essaimage.

L’origine des SEL et des «monnaies sociales» se perd dans la nuit des temps. Sans doute les militants de Lyon ignorent-ils que 150 ans plus tôt, dans le même quartier où ils vont lancer leur expérience, les premiers mouvements ouvriers structurés créaient une monnaie coopérative pour assurer ­l’écoulement des produits de leurs boulangerie, charcuterie, épicerie, etc. afin de «mettre en harmonie la production avec la consommation au moyen d’un système d’échange de produits». Des pans entiers de l’économie populaire fonctionnaient alors grâce à la monnaie coopérative [1].

[…]

NOTES :

1. Les coopérateurs «frappaient monnaie» et assuraient ainsi le paiement d’une partie des salaires, et des pensions aux travailleurs âgés (plus de 60 ans avant la première loi – inappliquée sur les retraites), sans qu’aucun «économiste distingué» n’y ait jamais mis son nez! Voir mon livre Le Commerce Véridique et Social Petites visites chez les utopies coopératives de nos grands-parents, Atelier de Création Libertaire, Lyon, 2002.

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