Paris – Centquatre, Jeune Création 2011

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Paris
  • Photo : Benoit Pype

Jeune Création 2011
Centquatre, Paris, du 6 au 13 novembre 2011

Jeune Création, une association héritière de la Jeune Peinture créée en 1949 pour promouvoir des artistes émergents, a installé depuis quelques années son exposition annuelle au centquatre. La manifestation s’appuie sur un réseau de partenaires reconnus du monde de l’art. Deux prix sont d’ailleurs attribués par un comité présidé par une personnalité. Cette année, Jean de Loisy, le nouveau président du Palais de Tokyo, était accompagné, entre autres critiques, de Kamel Mennour et Tatiana Trouvé. Le fait de retrouver certains membres du comité de sélection parmi les artistes exposés devient de ce fait un peu dérangeant, d’autant que l’association a aussi une galerie dans le 18e arrondissement qui permet d’exposer une dizaine de projets par an.

Certains artistes ont déjà plusieurs expositions ou prix à leur actif, voire sont présents dans des collections prestigieuses. C’est d’ailleurs le cas de la lauréate du prix Jeune Création, la vidéaste et photographe Claudia Imbert qui proposait une installation présentant trois vidéos en U (Le Cercle, 2011) : Le Palmier (2008), un arbre pris dans la tourmente d’une tempête de vent, encadré de part et d’autre par Les Poloïstes, des joueurs de water-polo du cercle des Nageurs de Marseille filmés en frontal au moment où ils lacent leurs bonnets.

D’autres travaux méritent une attention particulière. Celui de Benoît Pype par exemple met en valeur des architectures banales ou dérisoires. Son Socle pour une goutte d’eau permet de fixer une seule goutte d’eau dans une petite boîte tapissée de velours rouge. L’installation qu’il propose reproduit l’atelier d’un collectionneur un peu particulier. Les techniques de l’entomologiste sont appliquées à des résidus de fond de poche, poussières, moutons et poils en tout genre. Il isole, classe, trie ces « bouloches », qu’il monte ensuite sur des supports ou des socles à leur échelle, pour les photographier. Le but ultime de cette réappropriation du vocabulaire de la présentation muséale – socles, éclairages, cube blanc – est de les élever au rang de Sculptures de fond de poche. On retrouve ce travail minutieux dans d’autres projets comme sa série Géographie transitoire, qui consiste à découper des plans de ville dans de longues feuilles de philodendron. Les nervures deviennent de grandes artères qui se superposent au plan réel, les feuilles en se desséchant font apparaître un autre plan possible.

Dans un registre plus médiatique, Luc Barrovecchio interroge l’équivalence valeur travail/notoriété et propose d’échanger ses dix dernières années de production artistique contre une œuvre de Yan Pei-Ming faite en six minutes.

L’exposition est accompagnée d’une riche programmation (conférences, performances, vidéos, visites en présence des artistes...) qui fait regretter la courte durée de l’événement.

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